
La CIA et le MI6 ont admis leur rôle dans le coup d’État de 1953 contre le Premier ministre iranien démocratiquement élu, Muhammad Mossadegh.
Publié le 13.10.2022
La CIA et le MI6 ont admis leur rôle dans le coup d’État de 1953 contre le Premier ministre iranien démocratiquement élu, Muhammad Mossadegh, qui a refusé aux Britanniques d’avoir la main mise sur le pétrole iranien et ont installé à sa place le régime du Shah M.Pahlavi.
Opération Ajax : nom de code de ce coup d’État chez la CIA et Opération Boot : nom de code chez le MI-6.


Pourquoi les États-Unis renverseraient-ils un fonctionnaire iranien démocratiquement élu (Mohammad Mosaddegh) ?
Parfois, pour défendre un idéal, il faut le tuer.
Les États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale, étaient résolus à défendre la démocratie, même contre eux-mêmes. Rappelez-vous, Hitler a été élu démocratiquement !! Plus jamais ça !

Ainsi, en voyant un homme comme Mossadegh tenter de déstabiliser la chaîne d’approvisionnement en pétrole bon marché des démocraties américaines et britanniques, les États-Unis ont correctement évalué qu’en fait, Mossadegh s’attaquait à la démocratie (lol). Le fait qu’il ait été élu démocratiquement a simplement démontré que chaque règle a son exception, qu’une exception peut se produire deux fois, et les États-Unis n’ont pas été dupes.
De plus, un homme qui voulait nationaliser son pétrole au lieu de laisser les compagnies privées étrangères l’exploiter était un ennemi du marché, qui apporte la prospérité à tous. Et probablement un communiste, l’ennemi de nous tous.
Mossadegh était donc un ennemi de la démocratie et de la prospérité. Certains diraient qu’il l’a fait pour son peuple. Mais c’est égoïste. Que représente le peuple iranien comparé à la prospérité du monde occidental ? Donc Mossadegh était un ennemi de la démocratie et de la prospérité mondiale. Et probablement un communiste, mais un égoïste, car il n’était pas internationaliste, sinon il n’aurait pas touché au pétrole, qui est un bien collectif de l’humanité ?
Donc, pour le bien de la planète entière, les États-Unis et le Royaume-Uni ont dû intervenir comme toujours. Et ils l’ont fait, à la manière du MI6 et de la CIA. Au nom de la démocratie et de la prospérité mondiale, et contre un faux communiste, mais toujours dangereux, ils ont mis le Shah d’Iran à la tête d’une politique plus accommodante. Il l’a bien fait, et à cette fin, il a utilisé sa police démocratique SAVAK pour faire disparaître des dizaines de milliers d’ennemis de la démocratie, comme toujours.
Mais les Iraniens, stupides et manipulées, ont trahi leurs alliés américains qui les avaient déjà sauvés du péril communiste incarné par Mossadegh, et ont renversé le Shah en 1979, et installé des islamistes à sa place.
Les États-Unis étaient déconcertés : ils ont essayé d’aider, et c’est ainsi qu’ils ont été récompensés, dans leur fond intérieur.
Et puis, pour avoir sauvé le Shah des islamistes, ils ont subi une prise d’otages… dans l’ambassade américaine. Pas étonnant que les USA aient abattu un avion iranien rempli de civils 8 ans plus tard : l’Iran l’avait bien cherché suivant les USA.
Ainsi, dans les années 80, les États-Unis ont une fois de plus aidé là soi-disant démocratie en aidant Saddam à mener une guerre démocratique contre l’Iran, dans l’espoir que les Iraniens comprennent leur bêtise, s’excusent auprès des États-Unis et demandent le retour du Shah pour les guider comme il l’avait fait pendant 26 ans auparavant.
Mais les Iraniens ne l’ont pas fait. Furieux de l’échec de Saddam, les Américains ont bombardé l’Irak en 1990, puis l’ont renversé en 2003.
Cela rend les chiites plus puissants en Irak : les États-Unis étaient prêts à donner une dernière chance à l’Iran. Mais l’Iran n’a pas mordu, et donc, Israël a attaqué le Liban, où le Hezbollah chiite devait servir d’exemple de ce qui arriverait à l’Iran si ce dernier ne se repentait pas pour les USA.
L’Iran ne s’est pas repenti, et les États-Unis ont dû réagir : ils ont donc créé ISIS pour lutter contre Bachar El Assad, un allié de l’Iran, qui n’était pas assez démocratique. Puis, ils ont bombardé ISIS, parce qu’il était évident que cela allait trop loin. Alors que l’Iran les combattait sur le terrain. Les États-Unis et l’Iran ont finalement trouvé un terrain d’entente.
Mais ça, c’était jusqu’à ce que Trump soit élu, et Bolton nommé comme son conseiller à la sécurité nationale. La démocratie triomphante est à nouveau sur la table pour renverser le régime iranien. Mais l’Iran ne le veut pas. L’Iran est têtu, les U.S.A n’ont jamais voulu autre chose que d’aider ce pays voyons, au nom de la démocratie impérialiste… (faut-il en rire ou en pleurer…)
Mais les U.S.A. le feront, même s’ils doivent raser l’Iran pour sauver son peuple. Comme ils ont fait à Mossadegh, au nom de la démocratie et avec toutes les excuses possible, comme le nucléaire en ce moment, à moins que l’alliance Russie, Chine, Indo/Asiatique ne change maintenant la donne.
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