Sondage : la plupart des Canadiens souhaitent que Huawei soit interdit et que le « pouvoir croissant de la Chine » soit contenu.


Sondage : la plupart des Canadiens souhaitent que Huawei soit interdit et que le « pouvoir croissant de la Chine » soit contenu.

Publié le 18.10.2021 par Isaac Teo


Des personnes arrivent pour assister au discours principal de Huawei lors de la journée d'ouverture d'un salon professionnel à Berlin, le 3 septembre 2020. (Sean Gallup/Getty Images)
Des personnes arrivent pour assister au discours principal de Huawei lors de la journée d’ouverture d’un salon professionnel à Berlin, le 3 septembre 2020. (Sean Gallup/Getty Images)

Une majorité croissante de Canadiens pense que le gouvernement fédéral devrait interdire au géant chinois des télécommunications Huawei de se joindre au réseau 5G du pays, selon un nouveau sondage.

Mené par Nanos Research pour le Globe and Mail, le sondage révèle que 76 % des Canadiens sont contre la participation de Huawei au réseau de télécommunication 5G du pays. Ils étaient 53 % en 2019.

Seulement 10 % des répondants estiment que le géant des télécoms devrait être autorisé à fournir ses équipements 5G au Canada. Ils étaient 22 % en 2019.

Le Canada reste la seule nation du Five Eyes (alliance de partage de renseignements) – constitué du Canada, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Australie, Royaume-Uni – à ne pas avoir pris de décision concernant Huawei et la 5G, malgré des années de contestations et de fortes mises en garde des États-Unis concernant sa sécurité nationale.

Fin septembre, le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré que son cabinet déciderait d’autoriser ou non Huawei « dans les semaines à venir ».

« Nous continuons à peser et à examiner différentes options, mais nous ferons sans doute des annonces dans les semaines à venir », a déclaré Justin Trudeau aux journalistes le 28 septembre, lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection.

Le dernier sondage a été réalisé auprès de 1 017 Canadiens entre le 30 septembre et le 3 octobre et a révélé qu’une forte majorité de Canadiens sont favorables à l’idée de trouver des alliés pour « contenir le pouvoir croissant de la Chine ». Soixante-dix-huit pour cent des personnes interrogées ont choisi de « soutenir » ou de « soutenir un peu » la collaboration avec les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour développer des politiques visant à contrer le régime chinois.

Le sondage a également indiqué que 69 % des répondants ne souhaitent pas que le Canada négocie un accord de libre-échange avec Pékin, un taux qui a augmenté de 22 % depuis 2019, Le taux des partisans d’un tel accord a diminué, passant de 43 % en 2019 à 19 % cette année.

Le sondage observe que le sentiment contre le régime chinois perdure même après la libération des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig – car ils réprouvent la diplomatie des otages de Pékin, ayant incarcéré deux de leurs ressortissants pour forcer la libération de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou.

« Les Canadiens sont au moins de trois fois plus susceptibles d’affirmer que les relations entre les gouvernements canadiens et chinois doivent être inamicales plutôt qu’amicales », indique le sondage.

Mme Meng a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre 2018, suite à une demande d’extradition des États-Unis. Elle a été accusée d’avoir contourné l’embargo américain contre l’Iran dans le cadre d’une fraude impliquant la banque HSBC en 2013. Quelques jours plus tard, le 10 décembre, MM. Kovrig et Spavor étaient arrêtés en Chine sur la base d’accusations d’espionnage sans fondement.

Dans le cadre d’un accord de poursuite différée avec les procureurs américains signé le 24 septembre, Mme Meng a été autorisée à plaider non coupable, mais elle a dû reconnaitre les accusations portées contre elle dans un exposé des faits de quatre pages. Le jour même où le tribunal canadien levait les conditions de sa libération sous caution et l’autorisait à rentrer en Chine, les « deux Michael » ont été libérés et sont rentrés au Canada.

Le sondage, réalisé au moyen d’une enquête hybride, par téléphone et en ligne, avec une marge d’erreur d’environ 3 % 19 fois sur 20.

Avec des données provenant de Reuters.

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