Q SCOOP – Bulgarie: Sofia des députés ont été bombardés d’œufs.

Drapeau de la Bulgarie

Des députés ont été bombardés d’œufs et de tomates par des manifestants devant le Parlement de #Bulgarie à #Sofia. C’est le 36e jour de manifestation contre le gouvernement accusé de corruption.



Bulgarie: «La corruption est partout» : des manifestants réclament le départ du chef du gouvernement, Boïko Borissov, dont le parti est englué dans des affaires de corruption et d’abus de pouvoir.


En Bulgarie, le Premier ministre face au ras-le-bol généralisé

Depuis un mois, les manifestants bloquent des routes pour réclamer le départ du chef du gouvernement, Boïko Borissov, dont le parti est englué dans des affaires de corruption et d’abus de pouvoir. Ce mercredi, il a évoqué sa possible démission.
  •  En Bulgarie, le Premier ministre face au ras-le-bol généralisé

Sur le pont aux Aigles de Sofia flottent des drapeaux bulgares, plantés sur des bâtons. Au sol, des tentes ont été installées à même le bitume pour bloquer la circulation. Ce pont, situé à la sortie d’un imposant carrefour de la capitale, attire traditionnellement les manifestants depuis la chute du communisme.

Depuis vingt-huit jours, il a retrouvé son rôle de foyer de contestation. Des milliers de personnes s’y réunissent chaque nuit pour réclamer la démission du Premier ministre conservateur, Boïko Borissov, et du procureur général, la tenue d’élections anticipées et une réforme constitutionnelle. Ce mercredi, elles ont obtenu un début de victoire. Boïko Borissov a annoncé qu’il pourrait envisager de démissionner à condition que son parti reste au pouvoir jusqu’aux élections prévues en 2021.

Le 5 août, Boïko Borissov à Sofia. Photo Nikolay Doychinov. AFP

« La situation ne se réduit pas à une crise politique, ces protestations font état d’un malaise économique et social profond. »


En Bulgarie, une crise de l’eau débouche sur une crise politique

Publié le : 29/01/2020 – 17:07

A Pernik, près de la capitale bulgare Sofia, 97000 personnes sont privées d'eau potable.
A Pernik, près de la capitale bulgare Sofia, 97000 personnes sont privées d’eau potable. NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

En Bulgarie, la mauvaise gestion des ressources par les pouvoirs publics, qui oblige une ville de 100 000 habitants à rationner l’eau, a débouché sur une motion de censure de l’opposition, finalement rejetée par le parti au pouvoir ce 29 janvier.

Ce 29 janvier, en Bulgarie, le parti du Premier ministre Boïko Borissov et ses alliés d’extrême droite ont rejeté une motion de défiance par 124 voix contre 109. L’opposition avait proposé ce vote la semaine dernière, suite aux crises environnementales dans le pays, rappelle notre correspondant sur place, Damien Vodenicharov.

Après une chute spectaculaire du niveau d’eau du lac qui l’alimente, Pernik, une ville industrielle de 90 000 habitants située à 20 kilomètres au sud de la capitale Sofia, est ainsi soumise à une pénurie d’eau et à un rationnement. Situé au pied du Mont Vitocha, le massif qui surplombe Sofia, le barrage de Stoudena est pratiquement vide. Rationnés, les 97 000 habitants de Pernik et plusieurs localités alentours n’ont accès que six heures par jour à une eau trouble et non potable.

Le ministre de l’Environnement, Neno Dimov, a été arrêté pour « mauvaise gestion préméditée » et mis en examen pour ne pas avoir coupé l’alimentation des usines malgré les rapports indiquant un déficit d’eau. Les autorités locales, issues du parti GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) du Premier ministre, ont quant à elles rechigné à instaurer un rationnement avant les élections municipales d’octobre, de peur de perdre des voix.

Mauvais état des infrastructures

La crise de Pernik a aussi mis en lumière l’usure des infrastructures de distribution en Bulgarie, qui laissent s’échapper environ 60% de l’eau avant qu’elle ne parvienne aux consommateurs. À Pernik, les pertes s’élèvent à 75% dans ces canalisations datant des années 1960-1970. À cause de cette situation, 315 000 personnes dans ce pays de 7 millions d’habitants sont soumises à des restrictions d’eau régulières, surtout en été.

Le gouvernement a promis que 900 millions d’euros seraient utilisés d’ici deux ans pour rénover les canalisations, un chantier évalué à 6 milliards d’euros au total. Si rien n’est fait pour Pernik, il n’y aura plus d’eau en avril, ont averti les pouvoirs publics. Pour maintenir l’approvisionnement six heures par jour, le gouvernement prévoit de dérouter, via Sofia, de l’eau d’un autre barrage. Reste à installer à temps les 13 kilomètres de tuyaux de ce raccordement.

La Bulgarie fait par ailleurs face à une autre crise environnementale. Des déchets illégaux en provenance d’Italie sont stockés à travers le pays, alors que des centrales thermiques veulent les utiliser comme combustible à la place du charbon.


Source 1: Libération

Source 2: RFI