Q INFOS – Vers une insurrection au Liban.

Drapeau du Liban

Apocalypse à Beyrouth: la colère gronde

Les Libanais toujours sous le choc ont crié leur colère


Vers une insurrection au #Liban. Des manifestants ont installé une potence sur la place des Martyrs à #Beyrouth alors que des appels à venger les victimes et renverser le régime ce samedi circulent sur les réseaux sociaux. #LebanonProtests#Beirut


Par Nicolas Jacquard, envoyé spécial à Beyrouth (Liban), modifié le 7 août 2020

Des fusils et des balais : les armes des militaires qui ont pris possession du centre-ville de Beyrouth, meurtri par la double explosion survenue mardi 4 août sur le port, et celles des volontaires qui s’échinent à lui redonner un semblant de vie. Pour l’instant, ces deux objets devenus symboliques du Liban se côtoient dans une relative indifférence. Mais beaucoup parient qu’ils se retrouveront très vite face à face. Car déjà, le temps du deuil est supplanté par celui de la colère. « Si nous n’étions pas occupés à nous entraider, nous serions devant le Parlement, à hurler », lâche Nathalie.

Il y a neuf ans, cette Franco-Libanaise a quitté Paris pour Beyrouth « par amour du pays ». Ce jeudi 6 août au matin, elle constatait les dégâts dans son quartier de Gemmayzeh où, par chance, elle ne se trouvait pas mardi au moment du drame. « Si j’avais été là, j’aurais regardé l’incendie depuis mon balcon, et j’aurais été balayée par le souffle qui a explosé ma baie vitrée », lâche-t-elle, la voix nouée par la peur et les sanglots. Et si Nathalie était « à une heure de route de Beyrouth », c’est parce qu’à cause de la crise économique qui frappe le Liban depuis des mois, elle n’a plus ni eau ni électricité, contrainte de se laver hors de la ville.

Beyrouth, jeudi 6 août. « Tout ce qu’il nous reste, c’est le fait de nous savoir en vie », dit Nathalie. /LP/Arnaud Dumontier
Beyrouth, jeudi 6 août. « Tout ce qu’il nous reste, c’est le fait de nous savoir en vie », dit Nathalie. /LP/Arnaud Dumontier  

Comme ses proches, Nathalie constate que « tout ce qu’il nous reste, c’est le fait de nous savoir en vie. Pour les Libanais, cette explosion, c’est le point de non-retour. La colère est là, qui va et qui doit sortir. » Des mots qui sont ceux de toute une population, déjà chauffée à blanc par les privations avant même l’onde de choc de la déflagration. Sur Twitter, le hashtag « pendez-les » n’en finit plus de circuler.

« Nous n’avons plus d’endroit à appeler maison, dénonce Johnny, un quadragénaire. Alors, allons détruire celles de ceux qui, par leur irresponsabilité, n’ont rien fait pour nous protéger. » Heure après heure, la rumeur d’une grande manifestation qui pourrait se dérouler samedi se fait plus insistante.

«Les gens sont au bout du rouleau»

« Dans n’importe quel pays, une enquête aurait été ouverte pour savoir qui a laissé pourrir six ans durant ces 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, fustige une habitante du quartier de Mar Mikhaël. Ici, il y en a bien une, mais elle est menée par le directeur du port, qui devrait pourtant être le premier suspect auditionné. » « Dans les rues, le discours est passé de Kellon yaaneh kellon, soit Ils sont tous corrompus, à Il faut les guillotiner », constate Noël. Avec sa sœur, Michelle, elle compose depuis dix ans un duo dont les chansons satiriques sont dans toutes les têtes au Liban, et particulièrement dans celles des contestataires qui avaient pris la rue en octobre pour des manifestations jusqu’alors pacifiques.

« Avant-hier, la police nous bastonnait. Aujourd’hui, nous avons repris la place des Martyrs et nous ne la lâcherons plus », prévient Nancy, une activiste de la première heure, occupée à distribuer des vivres sous les tentes dressées par des bénévoles. La place en question, chaudron de la contestation depuis octobre, est flanquée d’un immense poing levé barré de la mention « Thawra », « révolution » en arabe. Sur son flanc est se dresse toujours « le dôme ». Un œuf de béton laminé, symbole de la guerre civile de 1975-1990, qui, au-delà de son rôle patrimonial, sonnait jusque-là comme un rappel du risque de balkanisation du pays. Suite ICI


Au lendemain de la visite d’Etat français appelant à une enquête internationale, Michel Aoun déclare ne pas vouloir une telle enquête qui ne ferait que « diluer la vérité ».


Des manifestants ont installé une potence sur la place des Martyrs à #Beyrouth


EN COURS

Des manifestants se rassemblent et brandissent des balais à #Beyrouth, ils appellent à renverser le régime. Des appels à l’insurrection ont été lancés pour samedi, la journée risque d’être extrêmement tendue. #Lebanon#BeirutBlast#Beirut


Plus tôt dans la journée des habitants ont pris a partie le Ministre de l’éducation « au balais ». La colère gronde au #Liban. Après l’ancien Premier Ministre, le Président et la Ministre de la Justice, c’est au tour du Ministre de l’Éducation d’être pris a partie en pleine rue aujourd’hui. #Beirut#LebanonProtests#Beyrouth#LebanonProtests

Voilà où nous en sommes avec l’intervention du sauveur de papier #Macron Le discours #Macron loin d’apaiser a raviver les tensions …. La colère gronde au #Liban. Après l’ancien Premier Ministre, le Président et la Ministre de la Justice.

Macron a rajouté une couche – il les a énervés encore un peu plus… et il est parti ! avec un « soyez courageux, en attendant mon retour ! »


Source 1: TDG.Ch

Source 2: Le Parisien