Canada : Le taux de chômage du Canada grimpe à 6,7 % et l’emploi chute de 4 700 postes

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Le taux de chômage du Canada grimpe à 6,7 % et l’emploi chute de 4 700 postes

Publié le 07.11.2026 à 00h32 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 4mn

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Statistique Canada a annoncé le 6 novembre 2026 que le taux de chômage du Canada était passé à 6,7 % en octobre, contre 6,5 % le mois précédent, alors que l’économie a perdu 4 700 emplois, contre une prévision de gain de 13 600 selon un sondage Reuters.

Cette baisse fait suite à des pertes d’environ 68 000 emplois en septembre et de 42 000 en août, soit un recul cumulé sur trois mois proche de 115 000. L’emploi du secteur privé a chuté d’environ 53 000 postes, la première baisse depuis février, tandis que le secteur public a ajouté 50 000 emplois. Le commerce de gros et de détail a perdu près de 29 000 emplois. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans est passé à 13,7 % contre 13 % auparavant ; les taux de base sont restés à 5,8 % pour les hommes et 5,3 % pour les femmes. La Banque du Canada avait relevé son taux directeur de 25 points de base environ une semaine plus tôt.

Photo : Wladyslaw / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Andrew Grantham, analyste à la CIBC, souligne que trois baisses consécutives sur trois mois forment une tendance difficile à ignorer, que les facteurs temporaires ont moins embelli les chiffres que prévu, et que la situation actuelle justifie le maintien du taux lors de la réunion de décembre de la Banque. Sneha Puri, d’Indeed, qualifie la publication de « déception » et avertit que des fissures visibles chez les jeunes chercheurs d’emploi pourraient annoncer un nouveau refroidissement en l’absence d’un rapport solide à venir. Claire Fan, de la RBC, précise que les sanctions américaines imposées depuis le 22 août n’ont pas entraîné, et ne devraient pas entraîner, de licenciements massifs ; elles sont sévères mais limitées, et les emplois manufacturiers ont peu varié en août et en septembre.

Contexte économique récent

Depuis le début de l’année, le Canada oscille entre signes de reprise et reculs, témoignant de la sensibilité de son économie aux variations de la demande intérieure et aux chocs extérieurs. Le marché du travail, longtemps soutenu par la relance post-pandémique, voit ses pressions inflationnistes pousser la Banque du Canada à resserrer sa politique monétaire à plusieurs reprises. Le coût du crédit en hausse freine alors les investissements, surtout dans la construction et la technologie, secteurs habituellement gourmands en emplois. Parallèlement, le pilier énergétique du pays voit ses exportations fluctuer au gré des prix mondiaux du pétrole, impactant directement l’emploi dans les régions productrices. Ainsi, la conjoncture actuelle se joue entre la nécessité de contenir l’inflation et le désir de soutenir la création d’emplois.

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Les sources divergent légèrement sur les chiffres de septembre : perte de 68 000 postes contre 68 300, pertes dans le secteur privé de 53 000 contre 52 500, pertes dans le commerce de 29 000 contre 28 800, et total sur trois mois d’environ 115 000 contre 110 000 entre août et septembre. Une nouvelle enquête sur la population active doit être publiée avant la réunion de décembre.

Enjeux pour la politique monétaire

Le taux de chômage qui grimpe à 6,7 % place la Banque du Canada devant un dilemme majeur. D’un côté, son mandat principal reste de ramener l’inflation à la cible, ce qui justifie le maintien ou le renforcement du taux directeur récemment relevé. De l’autre, un marché du travail qui se détériore augmente le risque de désinflation et de stagnation, poussant la banque à envisager une posture plus accommodante à la prochaine réunion. Les analystes scrutent aussi le taux de chômage des jeunes, indicateur précoce de la santé du marché du travail, dont la récente hausse pourrait signaler un affaiblissement de la demande de main-d’œuvre qualifiée. Le débat se cristallise autour de la question de savoir si la politique actuelle alourdit le ralentissement ou reste indispensable pour ancrer les anticipations d’inflation.

Les prévisions à moyen terme demeurent incertaines, plusieurs variables clés étant encore à l’étude. La prochaine enquête sur la population active, attendue avant la réunion de décembre, offrira des données plus précises sur la dynamique de l’emploi et permettra d’ajuster les modèles économiques. Par ailleurs, les négociations commerciales en cours avec les partenaires internationaux et d’éventuelles nouvelles mesures fiscales pourraient influencer la compétitivité des entreprises canadiennes et, par ricochet, leurs capacités d’embauche. Enfin, les indicateurs de confiance des ménages et des entreprises, récemment en berne, seront surveillés de près pour anticiper d’éventuels changements de consommation et d’investissement, facteurs déterminants pour la création ou la perte d’emplois dans les prochains trimestres.

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