France : Emmanuel Macron pousse à une coalition improbable entre David Lisnard et Raphaël Glucksmann pour éviter un duel LFI-RN au second tour

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Emmanuel Macron pousse à une coalition improbable entre David Lisnard et Raphaël Glucksmann pour éviter un duel LFI-RN au second tour

Publié le 05.11.2026 à 18h09 – Par Ryan Clarke – Temps de lecture 4mn

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Emmanuel Macron estime que l’ensemble des forces politiques, de David Lisnard à Raphaël Glucksmann, doivent se mettre à « travailler ensemble », dans une « logique de coalition », pour empêcher un second tour entre les extrêmes, a indiqué jeudi 5 novembre 2026 un interlocuteur du chef de l’État à l’AFP.

« Il ne se résout pas à un duel LFI/RN et estime que, sur l’Europe, l’État de droit, l’économie de marché et le rejet des extrêmes, ce qui unit Lisnard à Glucksmann l’emporte sur leurs divergences », indique cet interlocuteur, qui confirme les informations déjà relayées par la presse.

Raphaël Glucksmann et David Lisnard (© SERGE TENANI / AFP)

Dans un contexte de tripartition, ces forces-là doivent donc assumer qu’elles auront à travailler ensemble et le faire dès aujourd’hui dans une logique de coalition.

Historique des alliances électorales

Depuis l’avènement de la Ve République, les alliances entre partis de centre-droit et de gauche restent rares, souvent limitées aux deux tours présidentiels où l’on invoque le « rempart républicain » pour tenir les extrêmes à distance. L’alliance tacite entre le Parti socialiste et les Républicains modérés en 2007 a montré que la convergence sur des sujets comme l’Europe ou l’État de droit pouvait dépasser les clivages habituels. Cette tradition d’accords ponctuels sert aujourd’hui de référence aux acteurs qui envisagent une nouvelle union contre la polarisation actuelle.

Mais qui mènera ensuite cette coalition à la présidentielle ? Il leur incombera de définir « un mode de départage », répond-il.

La lutte contre les extrêmes

Le rôle de l’État de droit dans le débat

Le principe de l’État de droit, gravé dans la Constitution, constitue un socle commun réclamé tant par les centristes que par les progressistes : indépendance judiciaire, protection des libertés fondamentales et respect des procédures électorales. Dans un contexte où les discours d’extrême droite et d’extrême gauche remettent en cause ces garanties, les partis intermédiaires se placent comme garants de la continuité républicaine, renforçant ainsi la logique d’une coalition destinée à rassurer l’électorat modéré.

Le chef de l’État rappelle régulièrement qu’il n’a pas vocation à intervenir dans la campagne électorale, tout en se présentant comme le garant de son bon déroulement.

Il persiste toutefois à faire de la lutte contre les extrêmes son cheval de bataille, au risque de devoir assumer l’éventuelle accession de Marine Le Pen au pouvoir si les sondages se traduisent en votes, après dix ans de macronie.

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Confronté à une majorité introuvable depuis les législatives de 2022 et à l’échec de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, il n’a pas réussi, lui-même, à bâtir de telles coalitions.

Selon les sondages, les candidats de la droite et du centre, à l’instar de Raphaël Glucksmann à gauche, ne sont pas en passe de rejoindre le second tour de la présidentielle, la campagne étant aujourd’hui marquée par une forte polarisation aux extrêmes.

Si aucune des forces traditionnelles ne se qualifie pour le second tour, le scénario le plus plausible reste un duel entre les deux extrêmes, redouté déjà par plusieurs observateurs. Dans ce cas, les partis du centre pourraient jouer un rôle décisif, en mobilisant leurs réseaux locaux et leurs soutiens institutionnels pour influer sur le vote de leurs électeurs. Les discussions internes porteront alors sur la façon de canaliser ces soutiens vers l’un des deux candidats extrémistes ou, le cas échéant, d’encourager l’abstention comme refus du choix proposé.

Les divisions à droite et au centre

Dans le camp présidentiel, les anciens premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal restent tous deux en lice, malgré les appels à une candidature unique, tout en marquant soigneusement leurs distances avec Emmanuel Macron.

« Le sujet n’est pas « Macron ou pas Macron » puisqu’il ne sera pas sur la photo. Il assume seul son bilan et ils sont donc totalement libres de s’en affranchir. Qu’ils assument pleinement leurs responsabilités, c’est leur élection », souligne encore l’interlocuteur du chef de l’État.

La proposition d’une primaire pour désigner un candidat unique à droite et au centre soulève des questions d’ordre organisationnel et stratégique. Elle implique la définition de critères de sélection, la gestion des alliances entre les différentes familles politiques et la négociation des programmes afin d’éviter de nouvelles scissions. Au-delà de la simple désignation, cette primaire pourrait devenir une plateforme pour articuler une vision commune, notamment sur les réformes économiques et la politique européenne, offrant ainsi aux électeurs une alternative crédible aux extrêmes.

Tout comme Gabriel Attal, le candidat LR Bruno Retailleau a relancé mardi l’idée d’une primaire pour désigner un candidat unique à droite et au centre, accentuant la pression sur Édouard Philippe, seul candidat déclaré à s’y opposer.

Avec l’AFP

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