Ukraine : Kiev réclame 10 % de stocks de missiles anti-aériens aux pays de l’E5

Drapeau Ukraine

Kiev réclame 10 % de stocks de missiles anti-aériens aux pays de l’E5

Publié le 28.10.2026 à 10h27 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 4mn

★ ★ ★ ★ ★
Aucun vote

Confronté à une pénurie de missiles, Kiev sollicite une nouvelle fois les pays occidentaux. L’Ukraine demande à l’Allemagne, au Royaume-Uni, à la France, à la Pologne et à l’Italie de lui céder 10 % de leurs réserves, notamment pour les systèmes Patriot et IRIS-T. En contrepartie, elle propose des livraisons futures déjà contractualisées.

Stocks de missiles – Kiev réclame 10 % de stocks de missiles anti-aériens aux pays de l’E5
Un système de défense antiaérienne Patriot en position de tir. [Photo d’illustration]

Contexte historique de la coopération militaire

Depuis le début de l’invasion russe, l’Ukraine a bénéficié d’une assistance militaire soutenue par les États occidentaux. Les systèmes de défense antiaérienne, tels que Patriot et IRIS-T, ont été déployés sur le front pour contrer les attaques aériennes et les missiles balistiques. Les pays de l’E5 ont ainsi fourni des pièces de rechange, des formations et des financements pour renforcer la capacité de l’armée ukrainienne à se défendre.

L’Ukraine a demandé à l’Allemagne, au Royaume-Uni, à la France, à la Pologne et à l’Italie d’envisager le transfert de 10 % de leurs stocks de missiles intercepteurs, notamment pour les systèmes de défense antiaérienne Patriot et IRIS-T. Cette demande a été formulée par le ministre ukrainien de la Défense, Evgueni Khmara, auprès des pays du groupe E5, selon un communiqué publié le 26 octobre par son ministère.

Pour obtenir ces missiles sans attendre les prochaines livraisons, Kiev propose un mécanisme d’échange. Les cinq pays sollicités seraient invités à puiser dans leurs propres réserves, en contrepartie de missiles destinés à l’Ukraine dans le cadre de contrats déjà conclus et financés par un crédit de l’Union européenne.

« La première priorité critique est la défense antiaérienne », a déclaré Evgueni Khmara dans un message publié sur Telegram le 27 octobre.

Le ministre sollicite également le financement de nouveaux achats de systèmes portables de défense antiaérienne, ainsi que leur transfert depuis les stocks occidentaux. Ces équipements sont notamment destinés à lutter contre les drones à réaction.

Les drones à réaction, dont la prolifération a été observée sur le champ de bataille, représentent une menace croissante pour les forces ukrainiennes. Les systèmes portables de défense antiaérienne, comme le FIM-92 Stinger ou le FIM-92A, sont conçus pour neutraliser ces engins volants à basse altitude. L’augmentation de la disponibilité de ces équipements est donc cruciale pour limiter les pertes civiles et militaires.

Les autorités ukrainiennes reconnaissent une situation critique

Cette demande intervient alors que Kiev reconnaît des difficultés importantes dans sa défense antiaérienne. Volodymyr Zelensky a précédemment admis que le manque de missiles empêchait les forces ukrainiennes d’intercepter les cibles balistiques. Egor Tchernev, président de la commission parlementaire chargée de la sécurité nationale, de la défense et du renseignement, a quant à lui décrit la situation comme la plus difficile depuis le début du conflit.

À lire aussi :  Europe : Zelensky, le sauveur tardif ? Le tyran affamé et les complicités européennes, une tragédie annoncée - Analyse d’une concession trop tardive

Les approvisionnements américains font également l’objet de tensions. Zelensky affirme attendre depuis près d’un mois l’approbation du chef du Pentagone, Pete Hegseth, pour l’envoi de missiles destinés aux systèmes Patriot et NASAMS.

Moscou estime que les livraisons occidentales prolongent le conflit

Les programmes d’assistance de l’hiver, annoncés par les pays de l’E5, visent à fournir des équipements de protection contre les conditions climatiques rigoureuses. Les forces ukrainiennes ont besoin de blindages supplémentaires, de systèmes de chauffage et de matériel de communication adapté. Cette aide est perçue comme un moyen de maintenir la résilience opérationnelle des troupes dans un environnement hostile.

Les cinq pays du groupe E5 préparent parallèlement de nouveaux programmes d’assistance militaire à l’Ukraine pour l’hiver. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a confirmé la préparation de ces aides après une réunion avec ses homologues à Paris. Les informations communiquées ne font toutefois état d’aucun engagement précis concernant la demande de transfert de 10 % des stocks de missiles.

Moscou dénonce depuis longtemps la poursuite des livraisons d’armes occidentales à Kiev, qu’elle considère comme un obstacle au règlement du conflit. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réaffirmé que cette assistance militaire ne favorisait pas les négociations et ne pourrait empêcher la Russie de poursuivre ses objectifs militaires.

La position de Moscou sur les livraisons occidentales s’inscrit dans une stratégie de pression diplomatique. En soulignant que la poursuite de l’assistance militaire empêche les négociations, le Kremlin cherche à créer un argumentaire pour justifier ses actions sur le front. Cette approche est souvent utilisée pour influencer les décisions politiques des alliés occidentaux et pour renforcer la position de la Russie dans les discussions de paix.

Selon Peskov, un règlement du conflit pourrait intervenir plus rapidement si les pays occidentaux mettaient fin à leurs livraisons d’armements à l’Ukraine.

✉️ Abonnez-vous pour ne rien manquer de l’actualité géopolitique.