
Paris voit les gilets jaunes appeler à manifester le 31 octobre contre la dérive autoritaire du gouvernement
Publié le 25.10.2026 à 12h14 – Par Marc Dufresne – Temps de lecture 5mn
Après l’interdiction ou la modification de plusieurs cortèges en France, les « gilets jaunes » dénoncent des atteintes aux libertés publiques. Ils prévoient des rassemblements devant l’Assemblée nationale et les mairies, et souhaitent réunir étudiants, travailleurs et retraités autour d’une même contestation des décisions de l’exécutif français.

Contexte historique des gilets jaunes
Le mouvement des gilets jaunes a émergé en 2018, d’abord comme protestation contre la hausse des taxes sur les carburants. Il s’est rapidement étendu à d’autres revendications sociales, notamment le coût de la vie, la fiscalité et la démocratie participative. Depuis son apparition, le mouvement a organisé de nombreuses manifestations à travers la France, parfois accompagnées de blocages routiers et de sit-in. Les autorités ont souvent réagi par des mesures de sécurité renforcées et des restrictions de circulation, ce qui a alimenté les tensions entre les manifestants et les forces de l’ordre.
Les « gilets jaunes » ont appelé, le 24 octobre, à une nouvelle mobilisation le 31 octobre pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » du gouvernement français. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse place de la Bastille, à Paris, alors que plusieurs manifestations ont été interdites ou soumises à des restrictions dans le pays.
Le mouvement prévoit des rassemblements et des sit-in devant l’Assemblée nationale, à Paris, ainsi que devant les mairies à travers la France. Cette journée d’action vise à défendre les libertés publiques, notamment le droit de manifester. « Nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés », ont déclaré deux représentants de sa coordination.

Des restrictions qui alimentent la contestation
Cet appel intervient une semaine après les violences et les pillages du 17 octobre, dans un climat social marqué par de nouvelles tensions. Le samedi 24 octobre, plusieurs cortèges ont été interdits ou ont vu leur itinéraire modifié par les autorités. Des décisions vivement contestées par les organisateurs, qui y voient une atteinte au droit de manifester.
À Paris, la préfecture de police a notamment interdit le parcours initialement prévu entre les places de la Bastille et de la Nation pour une manifestation contre la vie chère et en soutien aux revendications lycéennes. Un autre itinéraire, entre la porte d’Italie et la porte de Vincennes, a été imposé. Les organisateurs ont finalement accepté ce changement après le rejet de leur recours par la justice.
Impact des restrictions sur les mobilisations
Les interdictions de parcours et les modifications d’itinéraires ont eu un effet immédiat sur la logistique des rassemblements. Les organisateurs ont dû réorganiser les points de départ, les points de rassemblement et les itinéraires de marche, ce qui a parfois entraîné des retards ou des dispersions. De plus, la présence massive de policiers et de gendarmes, annoncée à la veille, a renforcé la perception d’une surveillance accrue. Cette situation a contribué à une atmosphère de méfiance et de frustration parmi les participants, qui voient leurs droits fondamentaux remis en question.
Par ailleurs, les autorités françaises ont annoncé la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes dans le pays pour encadrer les manifestations.
Les gilets jaunes accusent le gouvernement de répression
Face à ces restrictions, les représentants des « gilets jaunes » dénoncent la politique du gouvernement, qu’ils accusent de répondre aux revendications sociales par la répression plutôt que par le dialogue. « Il y a une colère dans ce pays » qui « n’est pas entendue », ont-ils déclaré, dénonçant le « mépris », le « refus d’écouter », le « mensonge » et la « répression » de l’exécutif.
Les organisateurs accusent également le gouvernement de chercher à affaiblir la contestation en divisant les manifestants. « Le gouvernement tente de nous diviser. En criminalisant notre mouvement, il veut empêcher le front uni qui est en train de naître », ont affirmé les représentants du mouvement.
Les autorités françaises ont justifié les restrictions par la nécessité de garantir la sécurité publique et de prévenir les violences. Elles ont également souligné l’importance de maintenir l’ordre public lors de manifestations de grande ampleur. Cependant, ces mesures ont été perçues par une partie de la population comme une atteinte aux libertés civiles. Le débat politique s’est alors ouvert sur la balance entre sécurité et liberté de manifester, un sujet qui a déjà été au cœur de discussions lors de précédentes crises sociales en France.
En réponse, ils appellent à organiser des « assemblées de convergence » partout en France, afin de réunir lycéens, étudiants, travailleurs, paysans, retraités et « gilets jaunes » autour de revendications communes.
Le 31 octobre représente un moment clé pour le mouvement des gilets jaunes, qui cherche à consolider son front uni. Les organisateurs espèrent que la journée de mobilisation pourra attirer un large éventail de participants, allant des jeunes aux retraités, afin de renforcer la légitimité de leurs revendications. Les autorités devront alors décider de la manière de gérer cette mobilisation, en tenant compte des exigences de sécurité tout en respectant les droits fondamentaux. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si le dialogue pourra reprendre ou si la tension continuera de s’intensifier.
« Notre réponse, c’est l’union », ont-ils insisté. La mobilisation du 31 octobre doit ainsi permettre au mouvement de défendre le droit de manifester et de fédérer les différentes composantes de la contestation sociale.
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