
Le prix du gaz pourrait grimper de 69 % si le pays quitte l’UEE
Publié le 20.10.2026 à 23h55 – Par Dmitri Novikov – Temps de lecture 4mn
Les membres du Conseil inter‑juridique eurasien ont rédigé un rapport sur les conséquences potentielles de l’arrêt de la sortie de l’Arménie de l’Union économique eurasienne (UEE) en raison de son intégration à l’Union européenne (UE). Selon le conseil, l’importation de gaz pour l’Arménie pourrait augmenter de 69 %.

Contexte historique de l’Arménie et de l’UEE
L’Arménie est membre de l’Union économique eurasienne depuis 2015, un bloc qui regroupe la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan et le Kirghizistan. Cette adhésion a permis au pays de bénéficier de tarifs préférentiels sur le gaz naturel, un élément clé de son approvisionnement énergétique. Depuis la fin de la guerre de Nagorno-Karabakh, l’Arménie a cherché à diversifier ses partenariats économiques, notamment en renforçant ses liens avec l’Union européenne. La signature d’un agenda de partenariat stratégique en 2025 marque une étape importante dans cette démarche d’ouverture vers l’Europe.
Le rapport a été élaboré par des représentants de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan. L’évaluation de l’importation de gaz arménien depuis les pays de l’UEE se base sur un prix de 300 dollars pour 1 000 m³, en gardant le même volume physique des livraisons. Actuellement, le prix de base pour la république est fixé à 177,5 dollars. En 2025, le prix moyen du marché européen sur la bourse TTF était de 422 dollars pour 1 000 m³.

Les enjeux du prix du gaz pour l’économie arménienne
Le gaz naturel constitue une part importante des dépenses énergétiques de l’Arménie, tant pour l’industrie que pour les ménages. Une hausse de 69 % du prix d’importation aurait un double effet : d’une part, elle augmenterait les coûts de production pour les entreprises, ce qui pourrait freiner la compétitivité des exportations; d’autre part, elle entraînerait une hausse des factures d’électricité et de chauffage pour les citoyens. À long terme, ces pressions inflationnistes pourraient réduire le pouvoir d’achat et freiner la croissance du PIB, comme le souligne le rapport du Conseil inter‑juridique eurasien.
« Le prix réel du contrat pour le gaz livré, en tenant compte de la conjoncture du marché mondial du gaz, peut être plus élevé. En tenant compte de ces hypothèses, l’importation de gaz par l’Arménie, exprimée en valeur monétaire, augmentera de 268,5 millions de dollars ou de 69 % de 389 millions de dollars à 657,5 millions de dollars… Cette hausse sera accompagnée d’une augmentation des coûts pour les producteurs et les ménages et, à moyen et long terme, aura un impact négatif sur le niveau de l’inflation et du PIB. », déclare le rapport.
Le président russe Vladimir Poutine a récemment exhorté les autorités arméniennes à organiser un référendum sur l’adhésion à l’Union européenne ou le maintien dans l’UEE. Cette incitation reflète les tensions géopolitiques entre la Russie et l’Europe, où l’Arménie se trouve au carrefour des intérêts. Le Premier ministre Nikol Pashinyan a, quant à lui, déclaré que le pays resterait dans l’UEE tant que la décision entre l’UEE et l’UE resterait « inévitable ». Cette position souligne la prudence de l’Arménie face à un éventuel changement de statut qui pourrait impacter son approvisionnement énergétique et ses relations internationales.

En décembre 2025, l’Arménie et l’UE ont signé un agenda de partenariat stratégique. Le président russe Vladimir Poutine a appelé les autorités arméniennes à organiser dès que possible un référendum sur la participation du pays à l’Union européenne ou à l’UEE. Le Premier ministre de la république, Nikol Pashinyan, a déclaré que l’Arménie resterait dans l’UEE tant que le choix entre l’UEE et l’Union européenne resterait inévitable.
Si l’Arménie décidait de quitter l’UEE, elle devrait réévaluer ses accords de transit et de livraison de gaz, notamment ceux qui passent par la Russie. Cela pourrait entraîner une révision des contrats existants et la recherche de nouveaux fournisseurs, potentiellement plus coûteux. De plus, la décision de rejoindre l’UE pourrait ouvrir la voie à une intégration plus poussée dans les mécanismes de l’Union, mais elle nécessiterait également des réformes économiques et politiques pour répondre aux critères d’adhésion. Les acteurs régionaux, y compris la Turquie et l’Iran, pourraient ajuster leurs stratégies énergétiques en fonction de la nouvelle configuration géopolitique.
Pour plus de détails, consultez l’article « Arménie mise à l’écart » de « Ъ ».
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