Portugal : Le Duel du Ciel Portugais: Le Rafale Sème le Doute sur le F-35


Le Duel du Ciel Portugais: Le Rafale Sème le Doute sur le F-35

Publié le 29.3.2026 à 23h31 – Par François Lambert – Temps de lecture 5mn

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Duel dans le ciel portugais : Le Rafale bouscule le favori américain F-35

Le remplacement de la flotte de F-16 de l’armée de l’air portugaise devient une priorité, mais le choix du futur chasseur de Lisbonne se transforme en un véritable bras de fer géopolitique. Si le F-35 de Lockheed Martin semblait initialement intouchable, le Rafale de Dassault Aviation opère une remontée spectaculaire, portée par des enjeux de souveraineté européenne.

L’offensive de la souveraineté : L’atout français

Longtemps considéré comme l’outsider, le Dassault Rafale gagne du terrain au sein des cercles politiques portugais. Le ministre de la Défense, Nuno Melo, insiste désormais sur la nécessité de renforcer le « pilier européen de l’OTAN ». Cette stratégie de défense est en accord avec les vues de la France, qui cherche à renforcer son influence économique et politique en Europe.

L’offre de Dassault repose sur trois piliers stratégiques :

Indépendance technologique: Contrairement au F-35, le Rafale offre une liberté totale d’usage, sans les restrictions permanentes de Washington sur les logiciels et la maintenance. Cela signifie que le Portugal ne dépendra pas de l’approbation des États-Unis pour utiliser son nouveau chasseur, ce qui est une considération importante pour un pays qui cherche à maintenir son indépendance stratégique.

Retombées économiques: Éric Trappier, PDG de Dassault, mise sur des transferts de technologie et la création d’emplois locaux pour séduire le gouvernement. Il est prévu que la production du Rafale sera partiellement localisée au Portugal, ce qui créera des emplois et contribuera à l’économie locale.

L’horizon F5: Le futur standard F5, prévu pour 2030, promet des capacités de combat collaboratif avec des drones et des missiles hypersoniques, comblant ainsi l’écart avec la 5e génération. Le F-35 est considéré comme une 5e génération, mais le Rafale est doté de capacités avancées qui lui permettront de rivaliser avec son concurrent américain.

La pression de Washington : L’argument technologique

Face à cette montée en puissance européenne, les États-Unis ne restent pas passifs. L’ambassadeur américain, John Arrigo, a exhorté le Portugal à rejoindre la « Champions League » des armées de l’air en optant pour le F-35 Lightning II. Selon lui, le F-35 est le meilleur choix pour le Portugal, car il offre des capacités de combat supérieures au Rafale.

Pour l’état-major portugais, et notamment le général João Cartaxo Alves, l’avion américain reste techniquement supérieur grâce à sa furtivité passive et sa fusion de capteurs unique. Le coût du programme est estimé à 5,5 milliards d’euros sur 20 ans pour une flotte de 28 appareils.

Un choix dicté par l’incertitude géopolitique

Le débat a récemment basculé sur le terrain de la fiabilité politique. Lisbonne exprime des craintes face à l’imprévisibilité de la politique étrangère américaine, particulièrement dans la perspective d’une nouvelle administration Trump. Les restrictions d’accès aux composants critiques imposées par les États-Unis apparaissent désormais comme un frein majeur pour un Portugal soucieux de sa liberté d’action.

L’analyse de la rédaction : Le Portugal doit arbitrer entre l’intégration technologique totale avec ses alliés de l’OTAN (F-35) et une autonomie stratégique renforcée au sein de l’Europe (Rafale). Le contrat n’est pas encore signé, mais l’équilibre des forces semble avoir basculé vers un duel bien plus serré que prévu. Le choix du Portugal aura des conséquences importantes pour la géopolitique de la région, et il est peu probable que ce soit un choix facile à prendre.

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