Iran : Moscou ouvre un pont aérien lourd vers Téhéran


Moscou ouvre un pont aérien lourd vers Téhéran

Publié le 1.2.2026 à 12h32 – Par Isabelle Moreau – Temps de lecture 5mn

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Des données récentes, notamment l’arrivée d’importants avions-cargos russes coïncidant avec l’arrêt des vols d’appareils de chasse américains aux Açores (Lajes), redessinent complètement la donne. Nous sommes désormais confrontés à une situation délicate : « Négocier sous la pression de la mobilisation ».

Voici une analyse des « messages échangés » entre Moscou, Washington et Téhéran :

1. Le pont aérien russe : Arrivée de « matériel lourd »

L’arrivée hier en Iran de quatre avions-cargos militaires (deux Antonov-124 et deux Iliouchine-76) constitue un tournant décisif.

L »Antonov-124 (Ruslan) est le deuxième plus gros avion cargo au monde. Il ne transporte pas d’aide médicale ; il transporte des systèmes de défense aérienne (S-400 ou S-300 modernisés), des radars à longue portée, ou potentiellement des systèmes de guerre électronique (comme le Mourmansk-BN).

Son arrivée, coïncidant avec la visite d’Ali Larijani à Moscou et sa rencontre avec Poutine, indique que la Russie a décidé de fournir à l’Iran un « parapluie défensif » nécessaire pour repousser une éventuelle attaque américaine, ou pour compliquer la mission aérienne américaine au point de la rendre prohibitive.

2. Escale des F-35 à Lajes : Repos militaire ou « freins » politiques ? Le maintien de six chasseurs F-35A (portant le code VT et précédemment affectés à la mission au Venezuela) sur la base aérienne de Lajes, au Portugal, sans que leur voyage ne soit immédiatement achevé, peut s’interpréter de deux manières :

La Maison Blanche aurait donné l’ordre de suspendre les négociations afin de permettre leur poursuite via la Turquie. Le gel du déploiement des forces de frappe à mi-chemin est un message clair : « Nous arrivons, mais nous sommes prêts à nous arrêter si vous acceptez l’accord.»

Les pilotes bénéficient d’un repos obligatoire avant la dernière étape de leur voyage vers le Moyen-Orient, ce qui leur permettra d’être prêts à mener des frappes durant le week-end.

3. Déclarations du conseiller de Khamenei : Élargissement du champ d’action

Les propos du conseiller sont clairs et décisifs, marquant un passage de la défense passive à la dissuasion offensive :

L’Iran signale que toute attaque américaine ne se limitera pas aux bases du Golfe ou à la mer ; Cela embrasera immédiatement Tel Aviv.

« Nous connaissons les éléments de défense » : Cela indique que l’Iran a identifié les emplacements de déploiement des nouvelles batteries américaines THAAD et Patriot et qu’il a des plans pour les contourner ou les neutraliser.

4. Le nœud « Trump » : La tromperie stratégique

Le comportement passé de Trump (appeler à la négociation puis bombarder) est la pierre angulaire de cette analyse.

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Trump s’appuie sur la « théorie du fou ». Il pourrait utiliser les négociations et la pause temporaire à Lajes dans le cadre d’une « tromperie tactique » pour induire un relâchement chez l’adversaire ou créer un faux sentiment de sécurité, afin de lancer une frappe surprise.

Des négociations sont effectivement en cours, mais personne ne peut garantir qu’elles ne servent pas simplement de couverture aux derniers préparatifs.

Synthèse sur le terrain :

  • Russie : Entrée en action sur le plan logistique (4 avions géants).
  • États-Unis : Suspension temporaire de son fer de lance (F-35) au Portugal.
  • Iran : La menace s’est étendue à Israël et l’Iran a reçu des cargaisons russes sensibles.

Nous sommes dans un état de « gel des opérations armées ». Les mouvements ont légèrement ralenti même si on constate une hausse des vols de C-17, et les négociations sont au cœur de la situation. Cependant, avec une personnalité comme celle de Trump, ce calme diplomatique pourrait masquer une « heure zéro ».

Hier samedi sera décisif : si les F-35 quittent Lajes, cela signifiera l’échec des négociations et la guerre pourrait être imminente.

L’Iran renforce son bouclier technologique : le système russe Avtobaza-M est désormais déployé au cœur du pays, capable de repérer et traquer avions, drones et radars de surveillance, y compris les AWACS.

Un message clair : le ciel iranien devient de plus en plus dangereux pour toute intrusion.

Des images satellites haute résolution du Qatar montrent une augmentation constante du nombre d’avions de transport C-17 sur la base aérienne d’Al Udeid.

Des images prises il y a quelques heures montrent également l’avion de reconnaissance RC-135 et la base, déployée simultanément avec les systèmes de défense antimissile NASAMS et Patriot.

Des satellites chinois prennent des images de systèmes de défense aérienne américains récemment déployés au Moyen-Orient et les rendent publiques

Cela fournit à l’Iran des données de ciblage gratuites

Les vols de transport américains à destination du Moyen-Orient ont repris de manière significative, transportant probablement des équipements de batteries de défense aérienne THAAD.

Selon le New York Times, l’une des options proposées à Donald Trump contre l’Iran consisterait à envoyer secrètement des commandos pour détruire ou endommager des éléments du programme nucléaire iranien épargnés par les bombardements de juin.

Le quotidien souligne qu’il s’agirait de l’une des options les plus risquées, même si les forces américaines s’entraînent depuis longtemps à ce type d’opérations ciblées.

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