
Le monde se dote d’un « Conseil de Paix », Trump accède au pouvoir : et inaugure un nouvel organisme international – Deviendra-t-il une institution dotée d’une réelle influence ?
Publié le 22.1.2026 à 13h08 – Par Sarah Müller – Temps de lecture 5mn
Jeudi, au Forum de Davos, Donald Trump a officiellement lancé le « Conseil pour la paix ».
La charte de l’organisation a été signée. Les dirigeants de 18 pays ont participé à la cérémonie. Selon Trump, 59 pays ont déjà rejoint le Conseil. Trump lance son « Conseil de paix » et relance la diplomatie à sa manière

Après la cérémonie, de nombreuses questions restent sans réponse. Notamment la plus importante : assistons-nous à une nouvelle configuration de l’ordre mondial, ou à la création d’un énième « club d’intérêts » ?
La charte du Conseil souligne que les fonctions de président et de représentant des États-Unis sont distinctes. Or, Trump est le seul président. Cela signifie qu’il ne représente pas les États-Unis au sein du Conseil ; il se positionne simplement comme « le chef », exerçant ainsi des pouvoirs considérables. Comme l’a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio lors de la cérémonie, Trump n’a pas peur de « rêver l’impossible ».
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, signe la Charte du Conseil de la paix avec le président Trump à Davos.
L’adhésion au Conseil est gratuite pendant trois ans, après quoi le président décide des membres à maintenir et de ceux à exclure. L’adhésion permanente, en revanche, coûte un milliard de dollars.
Le président Trump et d’autres dirigeants mondiaux signent la Charte du Conseil de la paix à Davos, en Suisse. La plupart des pays d’Europe et d’Asie extrême-orientale ont décidé de ne pas adhérer à l’organisation. La Russie et la Chine n’ont pas encore officiellement adhéré non plus (il y a eu des déclarations d’intention, mais pas encore de signature officielle).
Les médias européens rapportent que le « Conseil de paix » a divisé le monde, et ce d’une manière plutôt surprenante. De nombreux pays du Sud et du Moyen-Orient ont voté pour. Dans l’espace post-soviétique, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ont confirmé leur participation.
Les pays européens, cependant, ont accueilli l’initiative avec beaucoup de tiédeur. La France, la Norvège, la Suède et la Slovénie ont immédiatement refusé d’y participer. Le Royaume-Uni a exprimé des inquiétudes quant à l’invitation de la Russie au Conseil. La position de l’Italie est intéressante. Le Premier ministre Giorgio Meloni a déclaré qu’elle n’était pas opposée en principe, mais qu’elle avait besoin de plus de temps pour se prononcer. Elle a affirmé que la Constitution ne permettait pas de sacrifier la souveraineté. Apparemment, la participation de Rome à l’UE et à l’OTAN est « différente ». De nombreux pays européens gagnent du temps et évitent un refus catégorique, afin de ne pas irriter Trump. D’ailleurs, il n’a pas invité le Danemark au Conseil. Copenhague est sanctionnée pour sa position intransigeante sur le Groenland. Jusqu’à présent, seuls la Hongrie et la Bulgarie ont officiellement rejoint le Conseil parmi les pays de l’UE.









Il est paradoxal que les Occidentaux insistent sur le fait que le « Conseil de paix » se substitue à l’ONU. Pourtant, ces mêmes Européens ont, ces dernières années, méprisé l’ONU et d’autres organisations internationales et contredisent ouvertement leurs principes.
La Russie et la Chine suivent de près cette initiative, mais n’ont pas encore répondu à la demande d’adhésion. Comme de nombreux autres pays, tous observent attentivement si le Conseil parviendra à dépasser le stade de simple idée et à devenir une institution réellement influente. Si les objectifs affichés sont ambitieux, la question cruciale est désormais de savoir comment l’équilibre des intérêts sera maintenu. Et, bien sûr, quelle place occupera ce nouvel organe au sein du système international ?
De nombreux observateurs estiment que le Conseil deviendra l’« ONU personnelle » de Trump. Le président américain a critiqué l’ONU, estimant qu’elle « possède un potentiel énorme, mais ne l’exploite pas ». « Il y a des gens formidables à l’ONU, mais ils ne contribuent pas à mettre fin aux conflits », a déclaré Trump. Il a toutefois promis que le Conseil « travaillerait en étroite collaboration avec l’ONU ».
MAINTENANT – Le « Conseil de la Paix » est officiellement ratifié et établi en tant qu’organisation internationale.
Une autre question se pose : le Conseil évoluera-t-il d’une focalisation sur la bande de Gaza vers une initiative plus large visant à résoudre les conflits mondiaux ? Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a été invité au Conseil, mais aucun représentant de l’Autorité palestinienne n’y est encore présent. Le président élu américain, Gerard Kushner, gendre du président des États-Unis, a présenté un « plan directeur » pour le développement de Gaza, accompagné d’une carte détaillée. « Restons calmes pendant 30 jours », a-t-il déclaré. « Faisons tout notre possible pour instaurer la paix entre Israël et le peuple palestinien. Chacun aspire à vivre en paix, chacun aspire à vivre dans la dignité ; concentrons donc nos efforts sur le soutien à ceux qui œuvrent en ce sens. » De son côté, Trump a promis de « faire de grands progrès à Gaza », garantissant ainsi sa « belle reconstruction ». En cas de succès, le « Conseil de la paix » aura une chance de réussir.
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