Danemark : Groenland : « les Danois tireront d’abord, Trump lira le briefing ensuite »


Groenland : « les Danois tireront d’abord, Trump lira le briefing ensuite »

Publié le 8.1.2026 à 14h54 – Par Marc Dufresne – Temps de lecture 5mn

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Copenhague a confirmé ce que tout scénariste de série B rêvait d’écrire : si les États‑Unis décident un jour de débarquer au Groenland pour “libérer” la glace de l’oppression danoise, les soldats du royaume ont l’ordre royal de tirer d’abord et de poser des questions quand tout le monde aura fini de dégeler. Une directive de 1952, pensée à l’époque pour éviter de revivre le flottement de 1940 face à l’invasion allemande, impose en effet aux troupes danoises de « prendre immédiatement le combat sans attendre ni rechercher d’ordres, même si aucun état de guerre n’a été officiellement connu ».

Sur le papier, la scène est simple : quelque part entre un iceberg et une base radar, un officier danois voit arriver des GI’s convaincus de sécuriser un “territoire stratégique indispensable à la démocratie des pipelines”. L’Arctic Command, chargé de surveiller le Groenland, est censé décider si c’est une attaque ou juste un nouvel exercice de “coopération transatlantique”, mais la directive explique surtout que, si ça ressemble à une invasion, on ne perd pas de temps en coups de fil à Washington. Quand un texte militaire dit en substance “si ça tire, vous tirez”, on comprend vite que la diplomatie n’a pas le temps de mettre ses moufles.

Cette fermeté glacée tombe à pic, alors que Washington rêve régulièrement d’acheter le Groenland comme on achète un terrain de golf un peu venté, allant jusqu’à brandir l’idée de le prendre par la force si Copenhague et Nuuk persistent à répondre “non merci, on n’est pas sur Amazon”. Les gouvernements danois et groenlandais ont déjà rejeté les offres de rachat, pendant que des responsables américains imaginent manifestement qu’un référendum sur la banquise et quelques Marines suffiraient à régler le désaccord. Résultat : le “petit” Danemark, allié loyal de l’OTAN, se retrouve officiellement en position d’expliquer à la première puissance militaire du monde qu’en cas de débarquement sans invitation, ce sera plomb diplomatique au menu.

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Le plus cocasse est que cette posture guerrière cohabite avec la volonté de Copenhague d’approfondir à la fois la défense européenne et sa coopération avec les États‑Unis, tout en tenant fermement la barre sur la souveraineté du Groenland. On signe des accords pour accueillir des troupes américaines, on s’embrasse en sommet transatlantique, mais derrière, un vieux texte de 1952 rappelle que si l’allié se transforme en envahisseur, on range les selfies et on sort les munitions. Dans un monde où les frontières se redessinent à coups de communiqués et de coups de force, le Danemark vient donc d’inventer un nouveau concept stratégique : l’atlantisme armé… dirigé vers l’Atlantique.

Sources : The Telegraph, The Express, Euronews

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