
Démission de policiers et gendarmes : la loyauté face aux abus de pouvoir
Publié le 27.12.2025 à 11h47 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 5mn
Le Monde rapporte : Des policiers et gendarmes démissionnent, dégoûtés par les pratiques qu’ils découvrent au sein de leurs propres rangs. Quel est le prix de la loyauté lorsqu’elle implique de fermer les yeux sur des abus ? Les hommes de loi sont-ils toujours du bon côté ? Ces questions hantent de plus en plus de professionnels de la sécurité publique, qui commencent à remettre en cause leur propre rôle et leur implication dans un système qui semble parfois plus intéressé par la répression que par la protection des citoyens.

Ces policiers et gendarmes qui démissionnent : « J’ai fini par me poser la question : est-ce que je suis vraiment du bon côté ? » Cette phrase, prononcée par un ancien policier, résume le sentiment de désillusion et de doute qui pousse de plus en plus de professionnels de la sécurité à quitter leur poste. Leur décision n’est pas prise à la légère, car elle implique souvent un sacrifice personnel et professionnel important. Cependant, pour beaucoup, il s’agit de la seule façon de préserver leur intégrité et leur dignité face à des pratiques qui leur semblent inacceptables.
Dans le vestiaire du commissariat de police de Nevers, le 6 juillet 2022, l’atmosphère est tendue. Les policiers présents échangent des regards et des murmures, mais personne n’ose prendre la parole. C’est dans ce contexte que Florent Gensollen, un jeune policier, a décidé de quitter son poste après plusieurs années de service. En apprenant qu’il comptait rejoindre la police, la famille de Florent, « plutôt très aisée, assez bobo parisienne », n’a pas tout à fait compris le choix de leur fils. Une maîtrise de droit en poche, en janvier 2010, le jeune homme décroche le concours d’officier avec l’ambition, « peut-être un peu romantique », dit-il, de « servir le public, protéger les institutions, être utile ».
Cependant, dès sa scolarité, c’est la douche froide. Entre « plaisanteries » plus ou moins appuyées sur les « gauchistes » et saillies racistes, Florent se convainc d’être « tombé sur la promo de fous » et sort 51e sur 100 avant d’être affecté dans un service consacré au traitement des viols et des vols avec violence. Quoique bien noté, il se heurte assez rapidement à des pratiques qu’il « ne cautionne pas » avant d’être muté à la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis. Au cours d’une enquête, il est témoin de violences en garde à vue, assure avoir « fait un scandale pendant que tout le monde regardait le plafond ». Il découvre, aussi, des « collègues en grande souffrance, déprimés par un management vertical assez brutal », les méfiances entre les différents corps, gardiens de la paix, officiers, commissaires.
Les expériences de Florent ne sont pas isolées. De nombreux policiers et gendarmes ont vécu des situations similaires, où ils se sont sentis obligés de choisir entre leur conscience et leur devoir. Le prix de la loyauté est parfois trop élevé, et la pression pour se conformer aux normes du corps peut être insoutenable. Les conséquences sont graves, car elles peuvent entraîner une perte de confiance dans les institutions et une diminution de la sécurité publique. Il est essentiel que les autorités prennent des mesures pour prévenir ces abus et pour protéger les droits des policiers et des gendarmes qui osent dénoncer les pratiques inacceptables. Seul un système juste et équitable peut garantir la sécurité et la confiance des citoyens.
✉️ Abonnez-vous pour ne rien manquer de l’actualité géopolitique.
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.