Israël : Israël achève les préparatifs pour la réouverture du poste-frontière entre Gaza et l’Égypte


Israël achève les préparatifs pour la réouverture du poste-frontière entre Gaza et l’Égypte

Publié le 18.10.2025 à 17h39 – Par François Lambert – Temps de lecture 4 mn

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Le ministre israélien des Affaires étrangères a annoncé dimanche l’ouverture possible du passage dans la région, mais n’a pas précisé s’il s’agissait d’une aide humanitaire ou d’un transit de personnes. Les organisations internationales attendent avec impatience de pouvoir envoyer plus de nourriture et de médicaments dans l’enclave

Camions sur la route égyptienne transportant de l’aide humanitaire pour Gaza (REUTERS/Amr Abdallah Dalsh)

Les Palestiniens et les travailleurs humanitaires attendent avec impatience la réouverture du point de passage de Rafah, le seul point de passage frontalier entre Gaza et l’Égypte et clé pour l’entrée de l’aide et la sortie et l’entrée des personnes dans l’enclave.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé jeudi que le passage rouvrirait probablement dimanche, bien que l’on ne sache pas encore s’il s’agira d’un flux d’aide, de personnes ou des deux.

Jusqu’à présent, le responsable n’a pas non plus donné de détails sur un calendrier stipulé pour l’ouverture de la frontière, bien qu’il ait mentionné : « Nous faisons tous les préparatifs et les accords pour cela. J’espère qu’il ouvrira, tout a été fait pour qu’il en soit ainsi.

Avant la guerre, Rafah était la principale voie de transit pour les 2,3 millions d’habitants de Gaza vers l’Égypte et le monde extérieur, avec des marchandises et des civils qui la traversaient quotidiennement.

À la suite de l’attaque terroriste du Hamas contre le sud d’Israël en octobre 2023 et de l’avancée militaire israélienne en 2024, le passage est resté fermé, à l’exception des évacuations médicales. La fermeture du point de passage a durement frappé l’économie et la vie quotidienne à Gaza.

File de camions égyptiens transportant des ressources pour les Palestiniens à Gaza (REUTERS)

Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a autorisé un certain nombre de camions d’aide quotidiens pour les Palestiniens dans la bande de Gaza.

La tension dans la région se poursuit alors que le Hamas remet des otages morts à Israël et aux familles des victimes qui appellent au rapatriement de tous les corps israéliens.

La réouverture de Rafah permettra à de nombreux Palestiniens d’accéder à des soins médicaux, de retrouver leurs proches en Égypte et de relancer le commerce local. Le chef de l’aide humanitaire des Nations Unies (ONU), Tom Fletcher, a déclaré qu’il s’attendait à voir « la route pleine de camions », car un flux massif de nourriture, de carburant et de médicaments est nécessaire.

L’ONU a averti que la crise alimentaire à Gaza se poursuivrait pendant longtemps malgré le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas. Selon Abeer Etefa, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), inverser la famine officiellement déclarée dans l’enclave nécessitera une réponse soutenue et prolongée.

Abeer Etefa, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU

Pendant la pause humanitaire négociée par les États-Unis, l’organisation internationale a réussi à entrer environ 3 000 tonnes d’aide alimentaire en quelques jours, bien que ce montant ne couvre qu’une fraction des besoins existants.

Actuellement, l’aide est déployée à travers cinq centres de livraison et l’un des objectifs est d’étendre la couverture à 145 sites, ainsi que de maintenir l’approvisionnement de base en denrées alimentaires comme le pain, grâce au soutien de neuf boulangeries en activité, selon l’AFP.

Pour leur part, des entités telles que la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont souligné l’importance de maintenir les points de passage frontaliers ouverts pour assurer des livraisons constantes aux communautés, qui restent exposées non seulement aux pénuries, mais aussi à des contextes de violence et à des contrôles d’accès stricts.

Plusieurs véhicules de la Croix-Rouge circulent dans la bande de Gaza (REUTERS/Mahmoud Issa)

Parmi les autres organisations qui apporteront leur soutien une fois la livraison des otages terminée, l’Union européenne (UE) a annoncé cette semaine qu’elle était prête à redéployer sa mission humanitaire à long terme au point de passage de Rafah, dès que les conditions de sécurité le permettront et qu’Israël donnera son feu vert pour la zone sous tension.

Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’UE discuteront lundi prochain du rôle du bloc dans le processus de paix au Moyen-Orient. Le service diplomatique de l’UE a diffusé vendredi un document suggérant que les États membres envisagent de « financer et d’apporter leur expertise pour le désarmement ».

Selon un diplomate européen cité par l’AFP, la participation de l’UE se concentrerait sur le « soutien technique » et n’inclurait pas le déploiement d’une force d’intervention européenne.


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