Palestine : Désarmer le Hamas, fermer les yeux sur les milices ? Le double discours troublant de Trump et Netanyahu à Gaza


Désarmer le Hamas, fermer les yeux sur les milices ? Le double discours troublant de Trump et Netanyahu à Gaza

Publié le 16.10.2025 à 13h24 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 5 mn

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Alors que les derniers otages israéliens ont été libérés et qu’un cessez-le-feu, négocié par Donald Trump, est théoriquement en place, la bande de Gaza est le théâtre de nouveaux affrontements sanglants. Ces combats n’opposent plus seulement le Hamas à l’armée israélienne, mais plongent le territoire dans une violence chaotique, mettant en lumière une contradiction majeure dans la stratégie américaine et israélienne.

Trump annonce que le Hamas aura le choix entre un désarmement volontaire ou forcé.

De son côté, le Hamas reste ferme, le désarmement, mais à condition qu’Israël retire totalement des troupes et l’arrivée de la force internationale comme garantie.

Un cessez-le-feu en trompe-l’œil et une nouvelle violence chaotique

Selon des témoins, de « violents affrontements » ont opposé à Gaza-Ville une unité affiliée au Hamas à des « gangs armés » dont certains seraient soutenus par Israël. Le Hamas a même publié une vidéo macabre montrant l’exécution en pleine rue de huit hommes accusés d’être des « collaborateurs » d’Israël. Ces événements illustrent une lutte brutale pour le contrôle du territoire en marge du retrait partiel des troupes israéliennes.

Cette répression s’exerce sous le couvert d’une approbation américaine surprenante. Interrogé sur les actions du Hamas, qui mobilise ses forces de sécurité interne, Donald Trump a lui-même déclaré : « Ils veulent acabar avec les problèmes, ont été ouverts à ce sujet, et nous leur avons donné notre approbation pour une période ». Cette tolérance temporaire accordée au Hamas pour rétablir l’ordre contraste fortement avec la ligne américaine officielle.

La ligne rouge de Trump : le désarmement du Hamas, et seulement lui ?

La pierre angulaire du plan de paix de Donald Trump pour la « phase deux » est le désarmement inconditionnel du Hamas. Le président américain a affirmé sans ambages que les États-Unis « désarmeront le Hamas » si celui-ci ne le fait pas lui-même, avertissant que « cela se passera vite et peut-être violemment ». Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a abondé dans le même sens, insistant sur la nécessité d’une « démilitarisation » complète de Gaza et quand est til pour la bombe nucléaire et tout l’armement d’Israël et ses voisins ?

Pourtant, cette exigence catégorique semble ne s’appliquer qu’à une seule partie des belligérants. Alors que les milices armées prolifèrent, la position de Trump et Netanyahu concernant le désarmement de ces groupes, notamment ceux accusés d’être pro-israéliens, reste un silence assourdissant. Le Hamas accuse directement Israël de « protéger les responsables de ces groupes », une affirmation qui, si elle n’est pas vérifiée, pointe du doigt une asymétrie criante dans le traitement des différentes factions armées à Gaza.

Netanyahu, un partenaire encombrant pour la paix ?

La relation entre Trump et Netanyahu, bien que souvent présentée comme une alliance indéfectible, est en réalité plus complexe et pragmatique que durant le premier mandat de Trump. Des frustrations existent au sein de l’administration américaine et parmi les partisans de Trump, qui remettent en cause la campagne militaire israélienne.

Un désaccord public a même éclaté fin septembre, lorsque Trump a déclaré qu’il n’autoriserait pas Israël à annexer la Cisjordanie, s’opposant ainsi frontalement aux partisans de la ligne dure de la coalition de Netanyahu. Cet épisode révèle que l’allié américain est peut-être moins acquis à toutes les positions du gouvernement israélien qu’il n’y paraît.

Conclusion : Une paix durable est-elle possible sans désarmer toutes les milices ?

La situation sur le terrain à Gaza montre qu’il est impossible d’établir une paix durable en ne ciblant qu’une seule faction armée. Un responsable égyptien, proche des négociations, a d’ailleurs tempéré l’optimisme affiché, affirmant que les pourparlers sur la deuxième phase du plan Trump « n’ont pas encore commencé » et n’existent pour l’instant que « de manière théorique ». Il a souligné la difficulté de la tâche, notamment parce que le Hamas cherche à maintenir une présence militaire, s’opposant au désarmement rapide exigé par Trump.

La question centrale demeure : si Trump insiste tant pour le désarmement du Hamas, que dit-il pour ces autres groupes ? L’absence de réponse claire à cette interrogation laisse planer le doute sur la viabilité à long terme de son plan et sur la volonté réelle de ramener une stabilité à Gaza qui ne soit pas simplement celle du plus fort.

Un Palestinien condamné à mort à Gaza pour avoir fourni des informations à Israël

L’homme de 28 ans n’a été identifié que par les initiales N.A. et aucun autre détail sur les accusations portées contre lui n’a été fourni

Un tribunal militaire du Hamas dans la bande de Gaza a condamné lundi à mort un Palestinien pour avoir prétendument fourni à Israël des informations qui auraient conduit à la mort de Palestiniens, ont indiqué des sources judiciaires.

L’homme de 28 ans n’a été identifié que par les initiales N.A. et aucun autre détail sur les accusations portées contre lui n’a été fourni par le Hamas, le mouvement islamiste qui dirige le territoire palestinien qui a connu trois guerres avec Israël en six ans.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme, 157 personnes ont été condamnées à mort dans les territoires occupés depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994.

Trente-deux personnes ont été exécutées, dont 30 dans la bande de Gaza.

Tous les ordres d’exécution doivent en théorie être approuvés par le président palestinien Mahmu

d’Abbas avant qu’elles ne puissent être exécutées, mais le Hamas ne reconnaît plus sa légitimité.

À Gaza, au-delà des condamnations à mort prononcées par les tribunaux, le Hamas a également procédé à des exécutions sommaires pour collaboration avec Israël, parfois dans des lieux publics. La suite à lire ici

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