Égypte : ElBaradei et d’autres voix critiquent le « Plan Trump » pour Gaza, le qualifiant de plan de « soumission »


ElBaradei et d’autres voix critiquent le « Plan Trump » pour Gaza, le qualifiant de plan de « soumission »

Publié le 30.9.2025 à 19h41 – Par François Lambert – Temps de lecture 4 mn

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Le politicien égyptien Mohammed El-Baradei : « J’ai écouté la conférence de presse à la Maison-Blanche concernant Gaza et la Palestine, et un profond sentiment de tristesse m’a envahi pour le sort et l’avenir de la Palestine, ainsi que de toute la région arabe. Ce n’est pas un plan de paix, mais un plan de soumission et d’asservissement ».

En réponse au plan pour Gaza présenté par le président américain Donald Trump, le politicien égyptien Mohammed ElBaradei a vivement critiqué la proposition, la qualifiant de « plan de soumission et d’asservissement » plutôt que de paix.

La critique d’ElBaradei dans son contexte

La déclaration d’ElBaradei intervient dans le cadre d’un plan de paix américain de 20 points dévoilé le 30 septembre 2025. Les principales dispositions de ce plan sont résumées dans le tableau ci-dessous.

Aspect du planDispositions principales
Cessez-le-feu & échangesCessez-le-feu immédiat ; libération de tous les otages par Hamas en échange de 1 950 prisonniers palestiniens.
Désarmement & forces internationalesDésarmement complet de Hamas ; déploiement d’une « force internationale de stabilisation ».
Gouvernance de GazaAdministration intérimaire par des technocrates palestiniens ; aucune participation de Hamas ou de l’Autorité Palestinienne (AP) dans l’immédiat ; création d’un « Conseil de la paix » supervisé par Donald Trump et Tony Blair.
Perspective étatiqueL’AP pourra reprendre la gouvernance si elle entreprend des réformes ; ouverture conditionnelle à un « chemin crédible vers l’autodétermination » palestinienne.

Les réactions internationales au plan Trump

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La proposition américaine a reçu un accueil mitigé, entre soutiens officiels et critiques sur le fond.

  • Soutiens des dirigeants mondiaux : Des pays comme la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et l’Inde ont accueilli favorablement le plan et exhorté le Hamas à l’accepter. Plusieurs nations arabes, dont l’Égypte, le Qatar et l’Arabie Saoudite, ont également exprimé leur soutien dans une déclaration commune.
  • Analyses critiques : Comme ElBaradei, d’autres analystes estiment que le plan déséquilibre le rapport de force. Yousef Munayyer, du Arab Center Washington, le décrit comme une tentative de « créer une couverture politique […] pour la poursuite du génocide à Gaza ». Un responsable de l’Autorité Palestinienne l’a qualifié de « document de reddition » imposé sans le consentement des Palestiniens.
  • Une pression sur le Hamas : Le président Trump a adressé un ultimatum au Hamas, lui laissant « trois ou quatre jours » pour accepter le plan, faute de quoi il subirait « une fin très triste ». Le gouvernement israélien a menacé de « terminer le travail » en cas de refus.

Comprendre la position d’ElBaradei

La critique d’ElBaradei s’ancre dans une lecture spécifique du plan :

  • Une reddition déguisée : Pour ses détracteurs, le plan exige du Hamas qu’il capitule sans garanties claires concernant un retrait total israélien ou une réelle souveraineté palestinienne. L’offre d’amnistie pour les membres du Hamas renonçant aux armes est perçue comme une tentative de démantèlement pur et simple du mouvement.
  • Un déni d’agentivité palestinienne : L’exclusion de toute participation du Hamas et de l’Autorité Palestinienne à la gouvernance intérimaire, remplacée par une administration supervisée par Donald Trump et Tony Blair, est vue comme une négation du droit des Palestiniens à l’autodétermination.
  • Un contexte de souffrance extrême : Cette déclaration intervient alors que le bilan de la guerre dans Gaza dépasse les 66 000 morts selon le ministère de la Santé local, créant un contexte humanitaire désastreux qui influence le débat sur toute initiative de paix.

En résumé, la déclaration de Mohammed ElBaradei reflète l’opinion de ceux qui, analysant les termes du plan Trump, y voient moins une feuille de route vers une paix équitable qu’un dispositif contraignant qui sacrifierait les aspirations politiques palestiniennes.

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