France : Jean-Pierre Colombie, ancien patron de la PJ, appelle les policiers à désobéir : « Ne protégez pas un pouvoir corrompu »


Jean-Pierre Colombie, ancien patron de la PJ, appelle les policiers à désobéir : « Ne protégez pas un pouvoir corrompu »

Publié le 29.8.2025 à 22h15 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 4 mn

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C’est du jamais vu dans les forces de l’ordre. L’ex-patron de la Police judiciaire de Marseille appelle tous les agents de police à désobéir aux ordres qui leur seront donnés par le gouvernement Macron. Il conseille aux agents de préserver leur honneur, car, selon lui, ils ne protègent plus le peuple de France, mais la corruption.

Dans un appel vidéo choc, Jean-Pierre Colombie, ancien directeur de la police judiciaire (PJ), a exhorté les fonctionnaires de police à refuser d’obéir aux ordres du gouvernement Macron, qu’il qualifie de « fondamentalement corrompu ». Selon lui, les forces de l’ordre ne défendent plus les citoyens, mais servent les intérêts d’une élite affairiste. Cette prise de position radicale, rare dans le milieu policier, intervient dans un contexte de tensions sociales et de défiance accrue envers les institutions.

Un discours incendiaire contre le pouvoir

Jean-Pierre Colombie ne mâche pas ses mots : il attribue toutes les crises actuelles économiques, sécuritaire, sociale, sanitaire et éducative à Emmanuel Macron et à son « pouvoir absolument toxique ». Il met en garde contre des « jours sombres » marqués par de violents troubles sociaux, inéluctables selon lui. Son message s’adresse directement aux policiers de base, qu’il exhorte à ne pas perdre leur honneur en protégeant un système corrompu qui s’étend « du président lui-même à tous ses relais », incluant directeurs de services centraux, chefs de la police nationale et ministres aux méthodes « troubles ».

La corruption au cœur des accusations

Colombie accuse le pouvoir de se « gaver » au détriment du peuple français, évoquant des enrichissements personnels et des avantages indus grappillés par les cadres syndicaux et politiques. Il dénonce une hypocrisie généralisée : tandis que les citoyens sont sommés de faire des efforts, les dirigeants et leurs soutiens financiers manipulent le système à leur profit. Cette critique rejoint les préoccupations de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF), chargé de traquer les infractions financières, mais chroniquement sous-doté face à l’ampleur des dossiers.

Un contexte de réforme controversée et de défiance

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Cette sortie intervient dans un climat tendu au sein des forces de l’ordre, exacerbé par la réforme de la police judiciaire voulue par Gérald Darmanin. Comme Eric Arella, ancien patron de la PJ de Marseille limogé pour avoir soutenu ses troupes, Colombie s’insurge contre une restructuration qui risquerait de sacrifier l’expertise de la PJ au profit d’un contrôle politique accru. Parallèlement, les violences policières lors de mouvements sociaux (Gilets jaunes, opposants aux mégabassines, réforme des retraites) ont alimenté la défiance envers une institution perçue comme brutale et aux ordres du pouvoir.

La réponse de l’État et les enjeux démocratiques

Le gouvernement défend sa réforme en invoquant une meilleure coordination et des moyens accrus. Emmanuel Macron a récemment rappelé que « nul en République n’est au-dessus de la loi », répondant indirectement aux critiques sur l’indépendance de la justice face aux violences policières. Cependant, des experts de l’ONU et des associations dénoncent une dérive autoritaire, où la désobéissance civile est criminalisée et la répression s’étend aux mouvements sociaux.

Conclusion : un appel à la conscience professionnelle

Jean-Pierre Colombie clôt son message en appelant à un « éveil des consciences » des policiers de terrain. Il les encourage à refuser les ordres iniques et à faire remonter leur désaccord à leur hiérarchie : « Vous n’êtes pas solidaires d’un pouvoir totalement corrompu ». Cet appel, bien que marginal, reflète une fracture profonde au sein des institutions et pose une question cruciale : dans une démocratie, la loyauté des forces de l’ordre doit-elle aller au pouvoir ou au peuple ?

Compléments de recherche :

  • L’OCLCIFF, chargé de lutter contre la corruption, est chroniquement sous-doté face à l’ampleur des dossiers.
  • La réforme de la PJ cristallise les tensions, avec des craintes de politisation des enquêtes.
  • Les violences policières et la répression des mouvements sociaux sont dénoncées, par l’ONU comme une menace pour les libertés démocratiques.

Pour aller plus loin, des analyses sur le modèle policier français par des experts comme Sebastian Roché ou Henri Leclerc pourraient éclairer les enjeux de fond.

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