
Bayrou en père éploré : une compassion bien tardive et bien commode
Publié le 23.4.2025 à 23h17 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 3 mn
François Bayrou, le champion des postures vertueuses, a enfin découvert l’horreur. Ou plutôt, il a décidé d’en parler maintenant que sa propre fille, Hélène Perlant, a brisé le silence sur les violences subies dans un camp d’été lié à la congrégation de Bétharram. « Ça me poignarde le cœur », s’est-il lamenté, comme si cette douleur soudaine effaçait des années de silence et d’aveuglement.
🔴 Bétharram, François Bayrou réagit au témoignage de sa fille : "En tant que père de famille, ça me poignarde le coeur" pic.twitter.com/9g7QGyXRV5
— LCI (@LCI) April 23, 2025
Le maire de Pau, toujours prompt à donner des leçons de morale, semble soudain réaliser que des dérives « insupportables » ont pu se produire sous le nez d’une institution qu’il connaît pourtant bien. Pourtant, sa fille n’aurait jamais osé lui en parler ? Voilà qui interroge sur le climat de confiance au sein même de sa famille… ou sur sa capacité à entendre les souffrances autour de lui.
Bétharram : Hélène Perlant, fille de François Bayrou, témoigne des violences qu’elle a subies adolescente et du « silence » avant que n’éclate le scandale de Bétharram.
Elle l’évoque dans le livre d’Alain Esquerre, porte-parole de l’association des victimes, « Le Silence de Bétharram »
L’ACTU DU JOUR
Comme quoi, ce n’est pas ceux qui ont les plus grandes oreilles qui entendent le mieux

Mais rassurons-nous : Bayrou ne veut pas « abandonner les victimes ». Quel courage ! Sauf que, comme par hasard, cette noble déclaration survient après que l’affaire a éclaté au grand jour. Où était ce bel élan quand d’autres voix tentaient de se faire entendre ? Le Premier ministre se drape dans son rôle de père blessé, mais son émotion semble surtout servir à masquer une question gênante : que savait-il vraiment, et depuis quand ?
Et puis, il y a cette petite phrase tellement révélatrice : « Elle n’est pas le centre de l’affaire. » Bien pratique, n’est-ce pas, de reléguer au second plan le témoignage de sa propre fille pour éviter que l’on scrute trop ses propres responsabilités ? François Bayrou joue les consciences éplorées, mais son timing et ses précautions de langage sentent surtout l’opportunisme politique.
Les victimes, elles, méritent mieux qu’une compassion tardive et calculée. Elles attendent des actes. Pas des larmes de crocodile.
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