Algérie : La France sous Macron, une aide au développement détournée et des jeux politiques dangereux en Afrique du Nord.


La France sous Macron, une aide au développement détournée et des jeux politiques dangereux en Afrique du Nord.

Publié le 3.2.2025 à 00h50 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 4 mn


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La France reconnaît que l’aide publique au développement française en Algérie d’une valeur de 132 millions d’euros en 2022 n’a pas été versée à l’Algérie, mais bien pour des universités françaises chargées d’accueillir des étudiants algériens ainsi que pour des ONG françaises.

90% de l’aide au développement de la France vis-à-vis de l’Algérie sert à financer les grandes écoles et les universités françaises accueillant des étudiants algériens. Couper cette aide à hauteur de 130 millions d’euros par an n’aura aucun effet sur l’Algérie. (France Info)

La France, sous la présidence d’Emmanuel Macron, continue de susciter la controverse dans ses relations avec l’Afrique, notamment avec l’Algérie. Récemment, une révélation choquante a mis en lumière une pratique opaque concernant l’aide publique au développement (APD) française. En 2022, la France a officiellement alloué 132 millions d’euros d’aide à l’Algérie. Cependant, il s’avère que ces fonds n’ont jamais atteint le pays. Au lieu de cela, ils ont été utilisés pour financer des universités françaises accueillant des étudiants algériens et des ONG françaises. Cette révélation soulève des questions fondamentales sur la transparence et les véritables intentions de la politique étrangère française.

Selon France Info, 90 % de l’aide au développement de la France à l’Algérie sert en réalité à financer des grandes écoles et universités françaises. Cette pratique, qui dure depuis des années, montre que l’aide française ne bénéficie pas directement à l’Algérie, mais sert plutôt à renforcer l’influence culturelle et éducative de la France dans la région. Couper cette aide, comme certains l’ont suggéré, n’aurait donc aucun impact significatif sur l’Algérie, car elle ne lui était de toute façon pas destinée.

Cette situation met en lumière une hypocrisie flagrante dans la politique de développement de la France. Alors que Paris se présente comme un partenaire solidaire de l’Algérie, elle utilise en réalité ces fonds pour servir ses propres intérêts. Cette stratégie, loin de renforcer les relations bilatérales, alimente la méfiance et le ressentiment envers la France, déjà perçue comme un acteur néocolonial dans la région.

Parallèlement, la France semble jouer un rôle trouble dans les tensions croissantes en Afrique du Nord. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a récemment affirmé que l’Algérie se retenait, pour le moment, de fournir des armes au Front Polisario, tout en accusant le Maroc d’expansionnisme dans la région. Cette déclaration intervient dans un contexte où les relations entre l’Algérie et le Maroc sont extrêmement tendues, avec des risques de déstabilisation régionale.

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Dans ce climat déjà explosif, la France, par son silence complice ou ses actions indirectes, semble alimenter les divisions. Par exemple, le Maroc recherche activement Mehdi Hijaoui, ancien numéro 2 du renseignement extérieur marocain, réfugié en Espagne. Selon des sources, Hijaoui serait caché par les services de renseignement espagnols (CNI) et disposerait d’informations sensibles sur le Maroc. Cette affaire, qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la sécurité régionale, montre à quel point les puissances étrangères, y compris la France, jouent un rôle dans les conflits locaux.

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La politique de Macron en Afrique du Nord semble donc guidée par des intérêts stratégiques et économiques, plutôt que par une réelle volonté de soutenir le développement des pays partenaires. Le détournement de l’aide au développement destinée à l’Algérie en est un exemple flagrant. Cette pratique, combinée à des jeux politiques dangereux dans une région déjà instable, risque d’aggraver les tensions et de nuire à long terme aux relations entre la France et les pays africains.

Il est temps que la France assume ses responsabilités et adopte une politique étrangère plus transparente et équitable. Les pays africains, dont l’Algérie, méritent un partenariat basé sur le respect mutuel et la coopération réelle, et non sur des calculs opportunistes et des pratiques néocoloniales déguisées.

En conclusion, sous Macron, la France semble plus préoccupée par la préservation de son influence que par le véritable développement de ses partenaires africains. Cette approche, à court terme, pourrait bien se retourner contre elle, alors que les pays africains cherchent de plus en plus à s’émanciper de l’héritage colonial et à construire des alliances basées sur l’égalité et la transparence.


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