
« Hexagone SA, le Titanic de la Gestion d’Entreprise »
Publié le 14.10.2024
« Si la France était une entreprise », l’entreprise EXAGONE.
Ce lundi, sur Europe 1, Olivier Babeau imagine ce qu’il se passerait si la France était une entreprise. Nous l’avons réécrit pour vous en gardant les grandes lignes de cette pensée génialissime. D’ailleurs merci à Olivier Babeau pour cette réflexion tellement véridique de tout sens.
Olivier nous parle ce matin d’un cas d’entreprise pour le moins particulier, mais surtout incroyablement mal gérée. Il était une fois une entreprise très spéciale, appelons-la Hexagone. Depuis des décennies, son conseil d’administration peine à désigner ses dirigeants. Chaque fois qu’il pense avoir trouvé la bonne équipe, il s’en lasse rapidement et la change, rendant toute stratégie cohérente impossible.
Hexagone va mal, très mal. Imaginez : presque 50 ans de pertes accumulées. Chaque année, ses ventes rapportent 100 en chiffre d’affaires, mais elle dépense environ 155, l’obligeant à emprunter la différence. Résultat ? Plus de 1000 en dette totale, et cette dette coûte de plus en plus cher en intérêts. Les prêteurs commencent à s’inquiéter, et tout le monde devient fébrile. Certains continuent à expliquer qu’il suffit d’augmenter les prix et que les clients paieront, mais quel est le problème de cette entreprise, Hexagone ?
Olivier, elle ne vend pas assez ou ses coûts sont trop importants ?
Côté vente, c’est amusant : elle est en quasi-monopole. Elle a la chance d’avoir une clientèle captive. Les gens sont obligés d’avoir recours à ses services, mais même avec ça, ou à cause de ça justement, la qualité de ses services se dégrade sans cesse alors que leur prix augmente. Du coup, la révolte gronde.
En fait, son gros problème, ce sont ses coûts de production.
Depuis des années, l’entreprise accumule des tonnes de rapports de benchmarking et d’analyses montrant ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire. Sa gestion des ressources humaines est mal organisée, ses processus sont trop complexes. D’ailleurs, elle a de plus en plus de mal à recruter des collaborateurs. Travailler avec Hexagone devient de moins en moins tentant.
L’entreprise doit profondément se réorganiser, cesser de penser que ses clients sont obligés d’acheter ce qu’elle leur propose au prix qu’elle leur impose, et commencer à réfléchir au rapport qualité-prix de ses services. Mais bon, certainement que cette entreprise va réagir ?
Elle va prendre des mesures pour se redresser ?
Vous allez rire, ça n’en prend pas le chemin.
Cette année, les choses vont encore plus mal. Tenez, en cette fin 2024, la direction savait depuis un an que les ventes étaient encore moins bonnes que prévu, mais ils n’ont rien fait. Elle a préféré se saborder en juin, en refilant la patate chaude au prochain. Ensuite, le conseil d’administration a perdu plus de 2 mois pour nommer la nouvelle équipe dirigeante.
Et vous nous dites que cette nouvelle équipe ne va toujours pas reprendre les choses en main ?
Non, mais vous n’allez pas me croire : arrivée aux affaires, cette nouvelle équipe se garde bien d’entamer les restructurations nécessaires et attendues. Elle a essayé de le faire croire en disant qu’elle allait baisser ses coûts de production, mais en fait, c’était une entourloupe. Elle va juste moins les augmenter que prévu en 2025. Elle appelle ça une baisse, mais le pot aux roses a été vite découvert.
La solution de facilité, c’est une nouvelle fois comme elle a toujours fait : augmenter les prix, rançonner ses clients, au risque d’accroître leur mécontentement.
Certains d’entre eux, ceux qui ont le plus de moyens, parviennent même à s’échapper. Du coup, certains chez Hexagone rêvent d’un dispositif qui permettrait à ceux qui le veulent de changer de crèmerie. Pas besoin d’être un spécialiste de gestion d’entreprise pour comprendre que tout ça va très mal finir.
Évidemment, toute ressemblance avec la gestion d’un pays que nous aimons serait l’effet de notre esprit mal tourné. Comment pourrait-on être collectivement assez bête pour que cette histoire soit vraie ? C’est vrai, nous serions vraiment stupides.
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