Liban : « Le navire accostant au port de Tripoli transporte des céréales russes et non ukrainiennes volées », selon la société de négoce turque.


Liban : « Le navire accostant au port de Tripoli transporte des céréales russes et non ukrainiennes volées », selon la société de négoce turque.

Publié le 30.7.2022


Un responsable d’une société de négoce de céréales basée en Turquie a nié, ce vendredi 29 juillet, que les cargaisons d’orge et de farine à bord d’un navire amarré dans un port libanais avaient été volées à l’Ukraine, affirmant que « la source de la farine est la Russie. »

« L’entreprise a cherché à importer 5 000 tonnes de farine pour les vendre à des acheteurs privés au Liban et non au gouvernement libanais », a déclaré à Reuters le responsable de Loyal Agro, sous le couvert de l’anonymat.

Après l’arrivée d’un navire syrien chargé de farine et d’orge dans le port de Tripoli, le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, avait fait part que le Liban a reçu des avertissements de la part de pays occidentaux, selon lesquels l’Ukraine dit qu’ils ont été volés par la Russie.

L’ambassade d’Ukraine au Liban a indiqué jeudi 28 juillet qu’« un navire syrien contre lequel les États-Unis imposent des sanctions a accosté dans le port de Tripoli, au nord du Liban, transportant 5 000 tonnes d’orge et 5 000 tonnes de farine, soupçonnés d’avoir été dérobées des entrepôts ukrainiens. »

D’autre part, l’ambassade de Russie à Beyrouth a déclaré qu’elle « n’avait aucune information sur le navire syrien ou sur une cargaison amenée par une société privée au Liban ». La Russie a précédemment nié les allégations ukrainiennes selon lesquelles elle aurait volé des céréales ukrainiennes.

Le responsable de Loyal Agro a déclaré que « la cargaison n’a pas été déchargée » et que « les douanes libanaises n’ont pas encore accordé de licence d’importation car elles enquêtent sur les affirmations de l’Ukraine ».
Il a ajouté que « la société a soumis des documents aux douanes libanaises qui montrent que la source de l’envoi est légitime ».

Le responsable de l’entreprise a indiqué que la cargaison, qui comprend environ 8 000 tonnes de farine et 1 700 tonnes d’orge au total, était initialement destinée à la Syrie, mais l’entreprise a décidé de décharger 5 000 tonnes de farine au Liban en raison de la pénurie de pain associée à la crise économique, et qu’il était prévu de décharger la cargaison restante dans un port syrien.

Selon lui, la farine pourrait être vendue à un prix variant entre 620 et 650 dollars la tonne au Liban, alors que son prix est de 600 dollars en Syrie.

Cette semaine, les boulangeries libanaises ont été le théâtre d’une grande affluence en raison d’une pénurie de pain. Le ministère de l’Economie libanaise a annoncé ce vendredi qu’il s’attend à un apaisement de cette pénurie avec l’arrivée du blé dans les marchés.

Le Liban importait la plupart de ses expéditions de blé depuis l’Ukraine, mais elles ont été interrompues par l’opération russe dans ce pays. L’Ukraine a repris ses exportations légales de blé vers le Liban à la mi-juillet, selon l’ambassade d’Ukraine et le chef de l’Association libanaise des moulins à farine.

En raison de la crise économique que traverse le Liban, « la moitié de la population libanaise est en situation d’insécurité alimentaire », a déploré le Programme alimentaire mondial.