France : Les Montchalin, un couple entre politique et conseil en stratégie, « La République des consultants » : des cabinets privés au plus haut niveau de l’État payés entre 1,5 et 3 milliards d’euros par an.


Les Montchalin, un couple entre politique et conseil en stratégie, « La République des consultants » : des cabinets privés au plus haut niveau de l’État payés entre 1,5 et 3 milliards d’euros par an.

Publié le 21.2.2022

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Les Monchalin PPE, le BCG mandaté pour que l’État décroche son téléphone.

La commission sénatoriale qui a décidé d’enquêter sur l’influence des cabinets de conseil dans le secteur public tenait particulièrement à entendre Amélie de Montchalin, la ministre de la Transformation publique, sur une mission de 2019 du Boston Consulting Group concernant l’amélioration de l’accueil téléphonique des services publics pour une facture finale de 358 200 euros. Guillaume Monchalin son époux était Directeur !

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« Elle correspond à une commande qui découle d’un comité interministériel de la transformation publique, conduit par le Premier ministre. Il constitue la base du plan téléphone qui doit permettre une meilleure accessibilité et une meilleure qualité des services publics. Nous avons atteint 85 % des objectifs que nous nous étions fixés, en produisant notamment un certain nombre de cadrages qui nous permettent de suivre le taux de décroché de chacun des numéros de service public », a assuré la ministre. 

Un dispositif qui s’est inscrit dans le cadre de la fin de la surfacturation des numéros des plateformes téléphoniques publiques. Depuis le 1er janvier 2021, les numéros surtaxés sont proscrits pour les administrations et les organismes chargés d’une mission de service public (39 39 « Allô service public », les numéros dédiés aux paiements des amendes de radars automatiques et des forfaits post-stationnement, les numéros de contact de l’Urssaf, le 32 30 de la Caf…, voir l’article de Que Choisir).

« Il nous semblait qu’il fallait garantir la qualité de ces plateformes. Il nous permet de nous assurer que les services publics continuent de bien fonctionner et restent joignables par les Français. » Pas d’infos plus précises sur la période, ni sur la durée de cette mission de 2019. 

En revanche, le Sénat n’a pas interrogé la ministre sur les fonctions que son mari a occupées au BCG.   En effet, fin mars 2019, la députée Amélie de Montchalin était nommée secrétaire d’État aux Affaires européennes (avant de passer à la transformation publique en 2020), alors que son époux, Guillaume de Montchalin, était l’un des principaux membres des équipes consumer & marketing et sales & pricing du BCG (relire ici). Il en est parti pour Eurazeo en avril 2020.

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Les Montchalin, un couple entre politique et conseil en stratégie

Amélie et Guillaume de Montchalin, un couple entre politique et conseil en stratégie : c’est ce qui apparaît six mois après la nomination dimanche 31 mars 2019 d’Amélie de Montchalin, ou Amélie Bommier (son nom de jeune fille), comme secrétaire d’État aux Affaires européennes.

Crédit photo : de gauche à droite, Guillaume de Montchalin (photo du Boston Consulting Group Paris) et Amélie de Montchalin (photo Wikipedia).

Amélie de Montchalin est l’épouse de Guillaume de Montchalin, partner au Boston Consulting Group. Ils sont tous deux les parents de trois enfants, ainsi que le rapportait La Lettre de l’Expansion peu après la nomination d’Amélie de Montchalin.

Guillaume de Montchalin est l’un des principaux membres des équipes Consumer and Marketing, Sales & Pricing du Boston Consulting Group. Tout au long de sa carrière au BCG, il a travaillé dans de nombreux pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’au bureau du BCG à Boston de 2012 à 2014.

Depuis qu’il a rejoint le BCG en 2009, Guillaume de Montchalin s’est principalement concentré sur le commerce de détail, les biens de consommation et les industries du luxe. Son expérience récente dans ces domaines comprend :

  • le développement et la mise en œuvre d’une stratégie de commerce électronique pour une grande maison de mode de luxe ;
  • la définition d’un nouveau modèle commercial d’hypermarché pour un grand détaillant mondial ;
  • le soutien d’un détaillant de fournitures de bureau dans ses négociations annuelles ;
  • l’aide à un important fournisseur européen d’énergie dans la construction d’une nouvelle entreprise basée sur des objets connectés ;
  • et l’aide à un détaillant dans la définition de sa stratégie promotionnelle pour hypermarchés et l’amélioration des processus de celui-ci.

Comme le dévoilait Consultor récemment, deux mois après le lancement du mouvement En Marche en avril 2016, Guillaume de Montchalin, alors principal du Boston Consulting Group, proposait en juin 2016, à l’équipe naissante d’En marche, qu’Emmanuel Macron participe à l’un de ses « Office Fridays ». L’échange est organisé ponctuellement entre le staff du cabinet et des personnalités marquantes (chercheurs, entrepreneurs, philanthropes, politiques, etc.).

Amélie de Montchalin, comme le rapportait l’AFP au moment de sa nomination, a fait ses armes à l’Assemblée nationale sur le budget avant de diriger les députés LREM d’une main de fer aux côtés de Gilles Le Gendre. Au sein du groupe majoritaire de l’Assemblée, cette néo-députée élue en juin 2017, brune aux sages lunettes rondes venue de la droite, a vite su se rendre incontournable.

Amélie de Montchalin affiche un CV allant des grandes écoles à la banque et l’assurance : HEC, Harvard, économiste chez BNP Paribas, prospective et suivi des politiques publiques chez Axa. Sans être encartée à droite, elle a été un temps pendant ses études assistante de Valérie Pécresse. Elle enverra des notes pendant la primaire à Alain Juppé.

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« La République des consultants » : des cabinets privés au plus haut niveau de l’État payés entre 1,5 et 3 milliards d’euros par an.

Publié le 21.2.2022 par Laurent Gey – Epoch Times

Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique (THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images)
Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique (THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images)

Le livre‑enquête « Les Infiltrés » des deux grands reporters Matthieu Aron et Caroline Michel‑Aguirre a fait beaucoup de bruit. Selon les auteurs, l’État français serait devenu une « République des consultants » dépendante de puissants cabinets privés présents au cœur des ministères de la Santé, de la Défense, de l’Éducation et d’autres secteurs stratégiques de l’administration. Un « putsch rampant » et un « suicide assisté de l’État » qui seraient le signe d’un désengagement de l’État et du gouvernement dans ses missions premières.

D’après les auteurs, la situation est grave et loin d’être transparente : « On n’est pas au courant, c’est un système qui s’est mis en place sur une quinzaine d’années : comment on a confié la stratégie, l’organisation, toutes les clés de la maison à des cabinets de conseil ? D’une part, on ne le sait pas ; d’autre part, ces cabinets n’ont aucune légitimité démocratique. » témoignent‑ils. Ces cabinets privés factureraient entre 1,5 milliard et 3 milliards d’euros par an à l’État.

Des chiffres réfutés par la ministre de la Transformation et de la Fonction Publique, Amélie de Montchalin qui indiquait le 19 janvier devant la commission d’enquête sénatoriale que « sur la période 2018‑2020, en moyenne les dépenses ont été de 145 millions d’euros [par an] ».

Dans ses estimations, la ministre ne comptait que les prestations de conseil auprès de l’administration centrale, sans prendre en compte les collectivités territoriales, la fonction publique hospitalière, les agences de l’État et les autres prestations intellectuelles.

Les auteurs, en s’appuyant sur les chiffres du Syntec (une organisation professionnelle qui regroupe les cabinets de conseil), révèle que l’ensemble des activités de conseil et de stratégie ont coûté plus de 730 millions d’euros par an à l’État, auxquels s’ajoutent d’autres formes de « prestations intellectuelles » extérieures, notamment les prestations informatiques qui ont coûté 1,1 milliard d’euros en 2020.

Un recours au secteur privé que le ministre de la Santé Olivier Véran et le porte‑parole du gouvernement Gabriel Attal disent « assumer » et même « revendiquer » au nom de « l’efficacité » et de l’expertise de ces cabinets.

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