Chine : « gagner la guerre du peuple » en vaccinant 1,1 milliard de personnes d’ici octobre.


Chine : « gagner la guerre du peuple » en vaccinant 1,1 milliard de personnes d’ici octobre.

Publié le 31.8.2021 par Rita Li


Un ouvrier chinois reçoit le vaccin contre le Covid-19 du China National Biotec Group (CNBG) à Shenyang, dans la province chinoise du Liaoning, le 23 mai 2021. (STR/AFP via Getty Images)

Un ouvrier chinois reçoit le vaccin contre le Covid-19 du China National Biotec Group (CNBG) à Shenyang, dans la province chinoise du Liaoning, le 23 mai 2021. (STR/AFP via Getty Images)

Selon un média d’État chinois, un responsable a récemment parlé des plans de faire vacciner 1,1 milliard de citoyens d’ici la fin du mois d’octobre, affirmant que cet objectif avait été approuvé par le dirigeant chinois Xi Jinping.

Il y aura « une couverture vaccinale pour un milliard de personnes d’ici la fin du mois d’août et 1,1 milliard d’ici la fin du mois d’octobre », a déclaré Qin Weiguo, maire du gouvernement municipal de Huaibei, dans la province de l’Anhui. Il a fait cette annonce le 19 août, après une vidéoconférence avec les dirigeants de la province, a rapporté Huaibei Daily le jour suivant. Par la suite, cette information a été supprimée sur l’Internet.

De plus, Zhong Nanshan, l’épidémiologiste de Pékin, a annoncé la semaine dernière que la Chine devrait atteindre une couverture vaccinale de 80 % d’ici la fin de l’année, atteignant ainsi une « immunité collective » – ce qui fait écho aux informations données par Qin Weiguo.

Les experts chinois pensent que de tels objectifs renforceront la « pression politique » et changeront la nature de la vaccination qui est supposée être volontaire dans le pays.

Lin Xiaoxu, ancien chercheur en virologie à Walter Reed Army Institute of Research, a souligné que la pression sur les autorités locales provenait d’un ordre du gouvernement central visant à « réduire à zéro » la population non vaccinée.

« Pour les gouvernements locaux, la prévention des épidémies est une tâche politique« , a-t-il précisé mercredi lors d’une émission en langue chinoise de NTD.

L’autorité sanitaire suprême de la Chine, la Commission nationale de la santé (CNS), a réaffirmé en juillet que la vaccination était volontaire dans tout le pays – cependant, les réglementations locales suggèrent le contraire. Dans plusieurs régions, les travailleurs non vaccinés ont été informés que leur salaire serait suspendu ou qu’ils ne pourraient plus travailler s’ils ne se faisaient pas vacciner.

« Dans ce système administratif [centralisé], la Commission nationale de la santé de la Chine n’a pas vraiment un mot à dire », a martelé Lin Xiaoxu.

« Les considérations humaines »

Dans le reportage du Huaibei Daily, Qin Weiguo a déclaré que la récente campagne vise à « gagner la ‘guerre du peuple’ pour la vaccination ».

« La guerre du peuple » fait référence à ce qui était à l’origine de la stratégie militaire élaborée par Mao Zedong, l’ancien chef du Parti communiste chinois, dans le but de s’assurer du soutien du peuple et combattre l’ennemi. Cette formule est utilisée aujourd’hui comme une rhétorique politique, y compris dans le domaine de la santé publique.

Lin Xiaoxu explique : « Les considérations humaines normales sont négligeables dans un soi-disant cas de guerre… Le Parti communiste chinois ne cherche pas vraiment à préserver des vies. »

Le commentateur chinois Qin Peng a affirmé au cours de la même émission : « Pendant cette [période de guerre], le nombre de morts n’est qu’un chiffre, ou le prix à payer. »

Les internautes chinois ont posté sur les réseaux sociaux des témoignages de décès survenus juste après la vaccination ainsi que des cas de leucémie, d’insuffisance cardiaque, d’hémorragie cérébrale, d’épilepsie, de perte de mémoire, etc.

Par exemple, le 8 août, une vidéo circulant en ligne montrait un collégien de la province du Jiangsu qui s’était évanoui après avoir été vacciné et qui est ensuite décédé malgré les efforts des secouristes.

Les autorités chinoises n’ont pas confirmé de cas ni publié de statistiques officielles sur les effets nocifs des vaccinations. Les membres des familles qui ont tenté d’exprimer leurs inquiétudes ont fait face aux mesures répressives et certains ont été bannis des médias sociaux.

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