Q SCOOP – La police nationale s’explique après un contrôle polémique à Nice.


La police nationale s’explique après un contrôle polémique à Nice.

À vous de juger??

Publié le 12.3.2021 Par Paul Guyonnet


Capture d’écran Instagram Montrées sur une vidéo largement diffusée sur les réseaux, les palpations pratiquées durant un contrôle de police à Nice ont été largement commentées.

POLICE – Nouvelle passe d’armes entre défenseurs et détracteurs des forces de l’ordre. Ce vendredi 12 mars, sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont réagi aux images d’un contrôle de police survenu à Nice et dont la vidéo a notamment été relayée par le médiatique avocat Yassine Bouzrou

La séquence montre une femme, les bras écartés dos à une voiture, en train de se plier aux palpations d’un contrôle d’identité. “Ce n’est pas une palpation de sécurité, mais une agression sexuelle”, dénonce dans un tweet Yassine Bouzrou, alors que les mains du fonctionnaire en train de réaliser le contrôle s’attarde sur le soutien-gorge de la personne. “Beaucoup s’en plaignent, mais peu ont la chance d’avoir une vidéo”, ajoute le juriste dans un message partagé plusieurs milliers de fois sur le réseau social à l’oiseau bleu.  

“Wsh deja c une femme ki doit la palper et ce fdp de pervers la (sic)”, peut-on lire sur les images diffusées par l’avocat, tirées de Snapchat. Très rapidement, l’affaire prend de l’ampleur, de nombreux internautes fustigeant l’attitude du fonctionnaire. Tant et si bien que la police nationale annonce dans un tweet chercher à “identifier l’intervention dont la date est inconnue et examiner le respect des gestes professionnels au regard de la situation opérationnelle”. 

L’un des éléments qui posent problème aux internautes dénonçant la vidéo, outre le temps passé sur la palpation au niveau de la poitrine, c’est le sexe du policier qui la pratique. Si les textes de loi ne précisent rien de particulier quant à ce paramètre, mais seulement qu’il faut que le contrôle “se déroule sans qu’il soit porté atteinte à la dignité de la personne qui en fait l’objet”, le règlement intérieur de la police nationale prévoit que ces mesures “ne peuvent être exécutées que par une personne du même sexe”. Or sur les images, de basse qualité, difficile d’estimer celui du fonctionnaire. 

Syndicats et soutiens de la police dénoncent un “travestissement” à dessein de la réalité

Quelques heures après le premier message de la police, le verdict tombe. “Au cours d’une patrouille, près d’un point de deal, le 10 mars à Nice, découverte de stups sur le passager d’un véhicule, verbalisé pour ces faits”, précise la police à la mi-journée ce vendredi. “Une policière a procédé à une palpation de sécurité sur la conductrice.” Une manière de clore le dossier pour l’institution. 

Des explications qui ne convainquent pourtant guère Yassine Bouzrou. “Le droit de palper n’autorise pas à peloter”, s’agace ainsi l’avocat en réponse au message de la police nationale. “Il convient de rappeler qu’une agression sexuelle (attouchements en l’espèce) peut être commise par un homme ou une femme (je n’ai d’ailleurs jamais précisé le sexe du “palpeur”)”, poursuit-il. 

Dans la journée, la plupart des syndicats policiers étaient montés au front numérique pour défendre les gestes de la policière montrée sur les images et crier au “police bashing”. Synergie, qui représente des officiers de police, assurait par exemple que Yassine Bouzrou cherchait à “travestir le réel dans le seul but d’attiser la haine contre la police et affaiblir la République”. 

Dans la même veine, plusieurs acteurs de la “flicosphère”, qu’ils soient militants, associatifs, élus ou policiers s’étaient également insurgés contre la dénonciation faite par Yassine Bouzrou, défendant l’action de la policière. Nombre d’entre eux réclamaient notamment que Gérald Darmanin, qui était confronté dans le même temps à la femme qui l’accuse de viol, porte plainte pour diffamation contre l’institution policière. Dans l’immdiat, aucune information allant dans ce sens n’avait été communiquée. 


Source