France : Epstein : Le Pouvoir et son Ombre, la Face Cachée de la Banque Edmond de Rothschild

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Epstein : Le Pouvoir et son Ombre, la Face Cachée de la Banque Edmond de Rothschild

Publié le 8.2.2026 à 01h22 – Par Marc Dufresne – Temps de lecture 5mn

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Et si le vrai scandale n’était pas là où l’on détourne volontiers le regard ?

Non pas dans les figures usées, commodes, presque folkloriques, le vieux Jack Lang et sa fille, mais dans des relations durables, assumées et institutionnelles entre Jeffrey Epstein et des cercles de pouvoir économique parfaitement intégrés en France et en Europe. Là où l’anecdote sert d’exutoire médiatique, l’article pointe une réalité autrement plus grave: la normalisation d’un prédateur condamné, fréquenté et légitimé bien après que ses crimes étaient connus. Si scandale il y a, il est moins dans les noms faciles à brandir que dans ce que l’on a accepté, longtemps, sans bruit.

L’article détaille les liens étroits et durables ayant existé entre Jeffrey Epstein et le groupe Edmond de Rothschild, en particulier avec Ariane de Rothschild, héritière et dirigeante du groupe bancaire. Contrairement à l’idée d’un contact marginal ou ancien, le texte établit qu’Epstein a occupé un rôle officieux mais réel de conseiller du groupe de 2013 jusqu’à sa mort en août 2019, alors même qu’il était déjà un prédateur sexuel condamné et publiquement identifié comme tel.

L’article rappelle qu’Epstein avait été condamné dès 2008 aux États-Unis pour des crimes sexuels sur mineure, dans une affaire déjà très médiatisée en raison de la clémence exceptionnelle de sa peine. À partir de cette date, sa réputation était notoirement compromise dans les milieux politiques, financiers et diplomatiques. Malgré cela, il continue d’évoluer au plus haut niveau des réseaux de pouvoir internationaux. Dans ce contexte, le groupe Edmond de Rothschild, basé en Suisse et dirigé par Ariane de Rothschild depuis 2012, reconnaît l’existence d’une relation professionnelle suivie avec Epstein. Celui-ci intervenait notamment comme apporteur d’affaires, facilitateur de contacts et intermédiaire stratégique, en particulier auprès de grandes fortunes américaines. Plusieurs responsables internes du groupe, dont des dirigeants de haut rang, ont été en contact avec lui.

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L’article insiste sur le fait que la banque ne pouvait ignorer le passé judiciaire d’Epstein, celui-ci étant non seulement public, mais abondamment documenté dans la presse internationale. Les explications avancées a posteriori, ignorance, distance, absence de mandat formel, apparaissent fragiles au regard de la durée, de la nature et de l’intensité des échanges. Les révélations s’appuient sur les « Epstein Files », c’est-à-dire des documents judiciaires rendus publics par la justice américaine, comprenant courriels, témoignages et agendas. Ces pièces montrent qu’Epstein se présentait lui-même comme représentant ou conseiller du groupe Edmond de Rothschild, y compris après 2013, et qu’il utilisait ce statut pour renforcer sa crédibilité et son accès aux cercles de pouvoir.

L’article souligne enfin que, malgré l’ampleur des accusations, des scandales et des condamnations, Epstein n’a jamais été réellement mis à l’écart par une partie des élites économiques internationales. Sa proximité avec une grande dynastie bancaire européenne illustre la tolérance persistante de certains milieux financiers à l’égard d’un individu pourtant identifié comme criminel sexuel, dès lors qu’il était jugé utile ou performant. En creux, l’article pose une question lourde. Comment un tel personnage a-t-il pu conserver si longtemps une respectabilité professionnelle, et pourquoi des institutions aussi établies que le groupe Edmond de Rothschild ont-elles continué à traiter avec lui, bien après que toute ambiguïté sur sa dangerosité eut disparu.

Cela oblige à remettre en question les liens entre les puissants et les puissants d’argent, et les règles inavouées qui régissent les relations entre les élites. La réponse, il est à craindre, réside dans la complaisance, la complicité ou la corrupción de certains membres de ces cercles de pouvoir. En tout cas, un fait est établi: la normalisation de Jeffrey Epstein est un scandale qui dépasse largement sa personne. C’est l’illustration d’une crise de confiance profonde dans les institutions, et de l’incapacité de certaines élites à prendre en compte les conséquences de leurs actes.

La vérité n’est pas toujours facile à entendre, mais dans ce cas, elle est incontournable. La normalisation d’un prédateur condamné est un scandale qui touche les fondements mêmes de notre société. C’est le moment de prendre position, de réclamer des comptes et de faire entendre la voix des victimes. Le scandale Epstein n’est pas juste une affaire, c’est un appel à la responsabilité collective.

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