
Deepfakes, pornographie infantile et plus encore : Quelles sont les accusations contre Elon Musk, X alors que France fait une descente dans les bureaux de Paris
Publié le 3.2.2026 à 22h56 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 5mn
Les autorités menaient une perquisition mardi matin dans les locaux français de X dans le cadre de l’enquête, qui impliquait l’agence de police européenne Europol.
Les autorités françaises ont convoqué le milliardaire Elon Musk à un « entretien volontaire » et ont fouillé mardi les bureaux locaux de son réseau social X dans le cadre d’une enquête sur des ingérences politiques présumées et des deepfakes sexuels.

Cette opération intervient alors que la Grande-Bretagne et l’Union européenne ont ouvert des enquêtes distinctes sur la génération de deepfakes sexualisés de femmes et d’enfants par le chatbot IA de Musk, Grok.
« Des convocations pour des entretiens volontaires prévues le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à M. Elon Musk et à Mme Linda Yaccarino, en leur qualité de gestionnaires de facto et de jure de la plateforme X au moment des événements », a déclaré le bureau du procureur parisien par l’AFP.
Yaccarino a démissionné de son poste de PDG de X en juillet de l’année dernière après avoir occupé deux ans à la tête de la direction.
Pavel Durov Fondateur de Telegram : « La police française perquisitionne actuellement les bureaux de X à Paris. La France est le seul pays au monde à poursuivre pénalement tous les réseaux sociaux qui offrent une certaine liberté aux utilisateurs (Telegram, X, TikTok…). Ne vous y trompez pas : ce n’est pas un pays libre.

En Réponse à Pavel Durov le compte Officiel du Ministère Français des Affaires étrangères sur X : « En France, le pouvoir judiciaire est indépendant. La police agit sur ordre des tribunaux, et non selon des caprices politiques. »

Quelles sont les accusations portées contre Elon Musk et X ?
L’enquête française a débuté en janvier 2025 suite à des allégations selon lesquelles l’algorithme de X aurait été utilisé pour interférer dans la politique française. Elle s’est désormais élargie pour inclure une enquête sur la diffusion par Grok des négationnistes de l’Holocauste et des deepfakes sexuels.
L’enquête française se concentre sur plusieurs infractions pénales présumées, notamment la complicité dans la possession de matériel d’abus sexuels sur enfants et le déni de crimes contre l’humanité.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre d’une réaction internationale plus large contre Grok, après qu’il a été révélé que les utilisateurs pouvaient sexualiser des images de femmes et d’enfants à l’aide de simples messages textuels tels que « mets-la en bikini » ou « enlève ses vêtements ».
Les procureurs de la cybercriminalité de Paris ont demandé l’enquête policière en juillet 2025 pour enquêter sur des crimes présumés y compris la manipulation et l’extraction de données à partir de systèmes automatisés « dans le cadre d’un gang criminel » après avoir reçu deux plaintes en janvier 2025.
L’une d’elles venait d’Eric Bothorel, un député du parti centriste du président Emmanuel Macron, qui a allégué une « diminution de la diversité des voix et des options » ainsi que des « interventions personnelles » d’Elon Musk dans la direction de la plateforme depuis qu’il l’a prise en charge en 2022.
Musk avait alors suscité des agacements en Europe avec des alliés politiques, notamment un soutien vocal au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).
Les enquêtes britanniques et européennes séparées
Le régulateur britannique des données a également lancé mardi des enquêtes sur X et xAI d’Elon Musk afin de vérifier si ces entreprises respectaient les lois sur les données personnelles concernant la génération de deepfakes sexualisés par Grok. Cette enquête est totalement distincte de l’enquête française.
« La création et la diffusion rapportées de tels contenus soulèvent de sérieuses préoccupations au regard de la législation britannique sur la protection des données et présente un risque potentiel important pour le public », a déclaré le Bureau du Commissaire à l’Information dans un communiqué.
L’Union européenne avait également lancé une enquête sur X fin janvier concernant la génération d’images deepfake sexualisées de femmes et de mineurs par Grok.
Le bureau français de X a été perquisitionné
Selon le procureur parisien, les autorités menaient mardi matin une perquisition dans les locaux français de X dans le cadre de l’enquête, qui impliquait l’agence de police européenne Europol.
La procureure parisienne Laure Beccuau a déclaré dans un communiqué que des employés X ont également été convoqués à comparaître entre le 20 et le 24 avril « pour être entendus en tant que témoins »
X affirme que les enquêtes sont « motivées politiquement »
X, qui a nié les accusations, a également qualifié l’enquête de « motivée politiquement » en juillet.
Les États-Unis ont également publié une condamnation sévère en juillet, affirmant qu’ils défendraient la liberté d’expression des Américains contre les « actes de censure étrangère ».
Laurent Buanec, directeur de X pour la France, a critiqué l’enquête en janvier dernier, affirmant que X avait des « règles strictes, claires et publiques » qui protégeaient la plateforme contre les discours de haine et la désinformation.
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