
Adieu Brigitte : La vérité d’une femme qui n’a jamais supporté les dorures – Un cercueil en osier pour une icône
Publié le 7.1.2026 à 12h55 – Par Ryan Clarke – Temps de lecture 5mn
Adieu Brigitte. Merci pour la lumière. Ce matin, Saint-Tropez a retenu son souffle. Le port, baigné d’un soleil d’hiver presque irréel, s’est rempli très tôt de silhouettes immobiles, de regards levés vers les écrans, de mains serrant des laisses, des fleurs ou simplement le silence. La cérémonie des obsèques de Brigitte Bardot s’est achevée, et avec elle quelque chose de rare, de fragile, de profondément français.


Dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, tout était simple, juste, sans emphase. Un cercueil en osier, recouvert de fleurs champêtres, comme un retour à la terre et au vivant. Pas d’hommage national, pas de protocole écrasant. Seulement la vérité d’une femme qui n’a jamais supporté les dorures quand elles servaient à masquer le vide. La musique du Mépris a traversé les voûtes, rappelant l’icône du cinéma, celle que le monde a admirée, désirée, mythifiée. Puis les voix se sont élevées. Celle de Mireille Mathieu, d’abord, claire et droite, portant l’émotion sans l’écraser. D’autres chants ont suivi. Et dans l’église, comme sur le port, beaucoup ont pleuré sans honte.

Dehors, la foule ne cherchait rien d’autre qu’à être là. Des anonymes, des fidèles, des gens venus de loin, parfois avec leur chien, parfois avec un souvenir d’enfance, un film, une image. Les applaudissements ont accompagné le passage du cercueil, mêlés aux aboiements, comme un ultime salut de ceux pour qui elle s’est battue toute sa vie. Ce n’était pas un bruit. C’était un langage.




Brigitte Bardot n’était pas qu’une actrice. Elle était un refus permanent de la soumission, une insoumise avant l’heure, une femme qui a quitté la lumière quand elle a compris qu’elle pouvait mieux servir ailleurs. Elle a choisi les animaux quand le monde choisissait le confort. Elle a choisi la solitude quand le système réclamait sa présence. Elle a choisi la parole libre quand le silence arrangeait tout le monde.


Ce matin, personne n’a parlé de pouvoir. Personne n’a parlé d’absence. Il n’y avait rien à combler. Brigitte Bardot remplissait tout. Le regard des gens, l’air, le silence, la mer au loin. L’inhumation s’est faite dans l’intimité, face à la Méditerranée, avec l’Estérel et le Mercantour pour horizon. Un dernier décor à sa mesure. Grand. Libre. Indifférent aux compromissions humaines.
Brigitte, tu pars comme tu as vécu. Sans demander la permission. Sans te retourner. Tu laisses derrière toi des films, des combats, des colères, des maladresses parfois, mais surtout une chose devenue rare : une trace. Pas une statue. Pas un slogan. Une trace vivante, qui dérange encore et qui oblige à regarder autrement. Aujourd’hui, Saint-Tropez ne t’a pas dit adieu. Il t’a dit merci. Et ce merci-là, il n’a pas besoin d’écho pour durer.
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