Madagascar : Le chef des putschistes qui ont organisé un coup d’État à Madagascar a annoncé une période de transition


Le chef des putschistes qui ont organisé un coup d’État à Madagascar a annoncé une période de transition

Publié le 14.10.2025 à 22h46 – Par Élise Delacroix – Temps de lecture 5 mn

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Coup d’État à Madagascar : l’armée renverse Rajoelina, annule la constitution et promet des élections

Les protestations sociales, la crise économique et le mécontentement des citoyens déclenchent des changements radicaux dans les institutions de ce pays africain

En pleine crise politique et sociale profonde, les forces armées malgaches ont annoncé l’annulation de la Constitution et la mise en place d’un Conseil de défense nationale de transition (NDDC), ce qui a complètement changé la structure institutionnelle du pays africain.

Les protestations sociales, la crise économique et le mécontentement des citoyens déclenchent des changements radicaux dans les institutions de ce pays africain

Le colonel Michael Randrianirina, à la tête du mouvement, a rendu public le nouveau schéma du pouvoir face à l’absence physique et politique du président Andry Rajoelina, qui aurait quitté le territoire après avoir dénoncé une tentative de coup d’État et reçu des menaces directes contre sa vie. Comme le rapporte France 24, les militaires ont déclaré qu’ils prendraient le pouvoir pour deux ans.

L’annonce du CDNT a clôturé plusieurs jours de manifestations, de mobilisations de masse et d’actions militaires devant le palais présidentiel, selon l’agence de presse Europa.

Ce nouvel organe de pouvoir autoproclamé prend le contrôle politique avec la proposition d’abroger la Constitution de 2010, de suspendre les institutions clés telles que la Cour constitutionnelle et le Sénat, et de maintenir le fonctionnement de l’Assemblée nationale pendant une période transitoire pouvant aller jusqu’à deux ans.

La présidence de Rajoelina, pour sa part, a officiellement condamné la constitution du CDNT.

Madagascar : Le colonel Mikaël Randrianirina, chef du Corps de gestion des cadres de l’armée malgache (CAPSAT), a annoncé le début d’une période de transition dans l’État après la prise de contrôle du pays par l’unité. C’est ce que rapporte Reuters. La direction par intérim s’attend à rester au pouvoir pendant un maximum de deux ans, jusqu’à la tenue de nouvelles élections. Le président malgache Andry Rajoelina, qui a déjà été destitué, qualifie l’incident de « tentative de coup d’État » et nie tout changement de pouvoir.

« La période de transformation de la société durera au maximum deux ans », a-t-il déclaré à Reuters. « Pendant ce temps, un référendum aura lieu sur le projet d’une nouvelle constitution, puis des élections auront lieu pour former progressivement de nouvelles institutions de pouvoir. »

Se référant à une déclaration du bureau du dirigeant malgache, l’AFP rapporte que le président malgache Andry Rajoelina considère l’incident comme une « tentative de coup d’État ». « Le président de la République reste pleinement à son poste et veille au maintien de l’ordre constitutionnel et de la stabilité nationale », cite l’agence dans le communiqué du bureau présidentiel.

Plus tôt dans la journée, CAPSAT a annoncé la transition du pays sous le contrôle d’une unité militaire d’élite. Cela s’est produit au milieu des manifestations qui ont éclaté dans le pays le 25 septembre contre les pénuries d’eau et d’électricité et qui ont dégénéré en manifestations de masse contre la corruption et la mauvaise gestion. Le 14 octobre, Andri Rajoelina a dissous l’Assemblée nationale (parlement), mais les députés se sont tout de même réunis pour voter sur la destitution du chef de l’État. La destitution du président du pouvoir a été soutenue par 130 parlementaires sur 131 (un député s’est abstenu).

L’armée à Madagascar prend le pouvoir après des manifestations

La République de Madagascar est située sur l’île du même nom et sur les petites îles adjacentes de l’océan Indien au large de la côte sud-est de l’Afrique. Le territoire est de 587,3 mille kilomètres carrés (la quatrième plus grande île du monde). La population est d’environ 32 millions d’habitants. La capitale est la ville d’Antananarivo, qui compte environ 4 millions d’habitants. Les langues officielles sont le malgache et le français. 52 % de la population adhère aux croyances traditionnelles, 41 % sont chrétiens (protestants et catholiques) et 7 % sont musulmans. Les habitants de Madagascar vivent principalement en zone rurale, dans de petits villages. La part de la population urbaine n’excède pas 40 %.

Madagascar est un protectorat depuis 1885 et une colonie de la France depuis 1896En 1958, elle reçoit le statut de république autonome au sein de la Communauté française. Le 26 juin 1960, l’indépendance de la République malgache (Première République) est proclamée. Le 21 décembre 1975, la nouvelle Constitution a déterminé le nom de l’État la République démocratique de Madagascar (Deuxième République). En août 1992, la Constitution a été adoptée, selon laquelle le pays est devenu la République de Madagascar (Troisième République). La Constitution de 2010 (IVe République) est actuellement en vigueur. En termes de forme de gouvernement, l’État est une république présidentielle.

Le Président de Madagascar est le Chef de l’Etat, le Commandant Suprême des Forces Armées. Il a le droit de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement (sur proposition du Premier ministre), de dissoudre l’Assemblée nationale (le parlement bicaméral de Madagascar). Le mandat est de cinq ans. Une personne ne peut occuper le poste de chef de l’État pendant plus de deux mandats consécutifs.

Le volume du PIB de la république en 2024 aux prix courants est de 17,4 milliards de dollars, la structure du PIB est le secteur des services (60,3 %), l’agriculture (23,7 %), l’industrie (16 %). L’inflation en 2024 était de 7,6 %. Le volume des exportations est de 4,1 milliards de dollars, les importations sont de 5,46 milliards de dollars, les principaux partenaires commerciaux sont les pays de l’UE, la Chine, les États-Unis, l’Inde et l’Afrique du Sud.

Au début de l’année 2025, 6,6 millions des 32 millions d’habitants du pays (environ 20 %) avaient accès à Internet.


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