
ONU : Des millions de jeunes vont basculer dans la pauvreté à cause de la crise climatique en Amérique latine
Publié le 4.9.2025 à 22h29 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 4 mn
Les conclusions du rapport indiquent que le changement climatique (principalement lié à la hausse des températures, aux sécheresses et aux vagues de chaleur) entraînerait une augmentation de la pauvreté dans la région.

Un rapport de l’ONU, qui analyse les scénarios auxquels la région serait confrontée, en fonction de l’action climatique développée par les pays, a averti qu’entre 5,9 et plus de 27 millions d’enfants et de jeunes de moins de 25 ans tomberont dans la pauvreté d’ici à 2030 en raison de la crise climatique en Amérique latine.
Il s’agit du rapport intitulé « L’impact du changement climatique sur la pauvreté des enfants et des jeunes en Amérique latine », publié par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).
L’étude porte sur les enfants, les adolescents (moins de 18 ans) et les jeunes (jusqu’à 25 ans), et ses résultats indiquent que le changement climatique (principalement lié à l’augmentation des températures, aux sécheresses et aux vagues de chaleur) entraînerait une augmentation de la pauvreté des enfants et des jeunes dans la région.
L’ampleur de l’augmentation de la pauvreté dépendra des scénarios climatiques mondiaux et des politiques publiques mises en œuvre, sur la base des contributions déterminées au niveau national (plans climat), et de la question de savoir si le financement climatique ne donne pas la priorité aux services sociaux et de résilience pour les enfants.

Scénarios et chiffres
Dans le scénario le plus optimiste, dans lequel les gouvernements mettent en œuvre des actions rapides pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES), « au moins 5,9 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes supplémentaires pourraient être en situation de pauvreté d’ici à 2030 », indique le rapport.
Cette projection suppose que les impacts du changement climatique n’ont pas aggravé les inégalités et représente une augmentation de 7,3 % du nombre total d’enfants, d’adolescents et de jeunes en situation de pauvreté par rapport à un scénario sans changement climatique.
Si les gouvernements mettent en œuvre trop peu d’actions convenues dans leurs contributions déterminées au niveau national, ou s’ils le font trop tard, « ce nombre pourrait tripler pour atteindre 17,9 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes » tombant dans la pauvreté d’ici à 2030.
Dans le pire des cas, c’est-à-dire très tôt et trop tard, plus de 27 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes supplémentaires pourraient se retrouver dans la pauvreté en raison du changement climatique. Ce résultat correspond au scénario dans lequel les inégalités seraient amplifiées d’ici à 2030 et représenteraient une augmentation de près de 35 % du nombre d’enfants, d’adolescents et de jeunes pauvres par rapport à un scénario sans changement climatique.
Plus vulnérable
Le directeur régional de l’UNICEF pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Roberto Brenes, souligne que « les enfants et les adolescents sont les plus touchés par le changement climatique, non seulement parce que leur corps en développement est plus vulnérable aux phénomènes extrêmes tels que les cyclones ou les vagues de chaleur, mais aussi parce que ces événements perturbent les moyens de subsistance de leur famille et leur éducation ».
Malgré cela, le financement de l’action climatique ne donne pas la priorité aux services résilients de santé, de nutrition, d’éducation, d’eau et d’assainissement dont les enfants ont besoin pour un développement cognitif et physique optimal, indique le rapport.
Il précise que dans le cas de l’Amérique latine et des Caraïbes, seulement 3,4 % du financement multilatéral total de la lutte contre le changement climatique est consacré aux enfants.
Dans ce contexte, l’UNICEF et la CEPALC recommandent aux gouvernements de la région de renforcer la résilience climatique des services sociaux et des infrastructures critiques, afin de mieux protéger les enfants, les adolescents et les jeunes, en mettant l’accent sur les 1 000 premiers jours de la vie.
Il promeut également une plus grande sensibilisation, une éducation et une autonomisation climatique des enfants, des adolescents et des jeunes, et promeut des politiques de protection sociale adaptatives et d’intervention d’urgence qui tiennent compte des besoins spécifiques des enfants et des adolescents.
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