
Tragédie à l’aéroport de Muan notre enquête approfondie sur un drame évitable
Publié le 30.12.2024
Une cascade d’erreurs fatales : qui est responsable ?
Pas la peine d’être ingénieur ou chef d’enquête pour comprendre les raisons derrière la tragédie du crash survenu à l’aéroport international de Muan. Les causes principales sont évidentes, et pourtant, elles révèlent une série de négligences humaines et structurelles. Nous avons mené une enquête privée approfondie en rassemblant des éléments et des données provenant du monde entier. Ce travail nous a permis de reconstituer les événements et d’identifier les défaillances responsables de ce drame évitable. Voici l’explication détaillée, fruit d’une analyse minutieuse et sans concession.
Rappel des faits
Le 29 décembre, l’aéroport de Muan en Corée du Sud est devenu le théâtre d’une tragédie sans précédent. Le vol 7C2216, un Boeing 737-800 appartenant à Jeju Air, en provenance de Bangkok, s’est écrasé à l’atterrissage, causant la mort de 179 des 181 personnes à bord. Deux hôtesses de l’air ont miraculeusement survécu, mais l’accident reste le plus meurtrier de l’histoire aérienne de la Corée du Sud. Cet article détaille une enquête approfondie qui révèle une chaîne de responsabilités allant bien au-delà des causes initialement suspectées.
Analyser chaque photo, le meurtrier est dessus.









Déroulement des faits : un incident somme toute classique
L’accident commence par un événement fréquent dans l’industrie aérienne : un oiseau s’est engouffré dans un des moteurs de l’avion lors de son décollage de l’île de Jeju. Ce type d’incident, connu sous le nom de « bird strike », est habituellement pris en charge par les moteurs modernes, mais cette fois, il a provoqué une panne hydraulique majeure.
Les conséquences de cette panne étaient graves : le train d’atterrissage et les volets permettant de ralentir l’avion ne pouvaient pas être déployés. Confronté à cette situation, l’équipage a pris la décision rationnelle de tenter un atterrissage d’urgence sur le ventre à l’aéroport de Muan, une décision qui semblait judicieuse compte tenu des circonstances.
Une chaîne de décisions fatales
Cependant, une succession d’erreurs a conduit à l’issue tragique que nous connaissons aujourd’hui.
Voici les principales étapes où les choses ont mal tourné :
Erreur 1 : la conception du système hydraulique
Le constructeur de l’avion, Boeing, doit répondre à une question cruciale : comment un simple « bird strike » a-t-il pu endommager un système hydraulique entier, essentiel pour la sortie du train d’atterrissage et des volets ? Les turbines modernes sont supposées être conçues pour résister à de tels incidents. Une meilleure conception, comme l’ajout de grillages protecteurs et de systèmes de rejet d’objets, aurait pu éviter une telle panne.




Erreur 2 : une mauvaise évaluation des contrôleurs aériens
Les contrôleurs aériens de Muan auraient dû analyser la situation plus en profondeur. La piste d’atterrissage choisie était-elle vraiment appropriée pour un Boeing 737-800 dans cette configuration ? La longueur de la piste et les contraintes environnantes, notamment la présence d’un mur en bout de piste, auraient dû être immédiatement prises en compte.
La vitesse d’atterrissage d’un Boeing 737-800 dépend de plusieurs facteurs, notamment le poids de l’avion, les conditions météorologiques et la configuration de l’aéroport. En général, un Boeing 737-800 atterrit à une vitesse comprise entre 130 et 150 nœuds (environ 240 à 278 km/h).
En ce qui concerne la longueur de piste nécessaire, cela dépend également de plusieurs facteurs, mais en général, un Boeing 737-800 nécessite une piste d’environ 1 500 à 2 000 mètres (5 000 à 6 500 pieds) pour atterrir en toute sécurité. Cette longueur peut varier en fonction des conditions spécifiques de l’atterrissage, telles que la charge utile de l’avion, les conditions de vent et l’altitude de l’aéroport.
La piste de l’aéroport international de Muan mesure 2 800 mètres de longueur. Cette dimension est conforme aux normes internationales pour accueillir divers types d’appareils, y compris des avions de la taille du Boeing 737-800. Cependant, dans des situations d’urgence particulières, comme un atterrissage sans train d’atterrissage fonctionnel, cette longueur peut s’avérer insuffisante pour assurer un arrêt en toute sécurité, surtout en l’absence de dispositifs supplémentaires de décélération tels que des zones d’arrêt en gravier ou des filets de freinage.
Au lieu de cela, aucune analyse cinétique approfondie n’a été réalisée avant l’atterrissage. Les contrôleurs aériens auraient pu dérouter l’avion vers un aéroport mieux adapté ou lui faire effectuer des rotations en vol, le temps d’évaluer la faisabilité de l’opération. La piste de l’aéroport mesure 2,80 km de longueur, tandis que la distance totale entre les deux murs d’enceinte avoisine 3,5 km. L’avion a parcouru environ 2,30 km en glissant sur le ventre depuis le point de contact, ce qui représente déjà un déficit d’environ 500 m minimum par rapport à la distance d’arrêt nécessaire. À cela s’ajoutent environ 430 m de gazon qui ont contribué à une augmentation de la vitesse cinétique, laissant à peine 400 m avant l’impact fatal contre le mur. Bilan la piste est trop courte pour cette urgence, et il manquait donc de l’espace supplémentaire, ou soit un dispositif de ralentissement, comme une zone de gravier ou des filets de freinage. Ces éléments, pourtant essentiels, étaient calculables et prévisibles en analysant la relation entre la vitesse et la distance.
- Énergie cinétique : L’énergie cinétique est l’énergie qu’un objet possède en raison de son mouvement. Elle est donnée par la formule Ek=12mv2Ek=21mv2, où mm est la masse de l’objet et vv est sa vitesse. L’énergie cinétique est directement liée à la vitesse et à la distance parcourue avant l’impact.
- Dynamique : La dynamique est la branche de la mécanique qui étudie les forces et les mouvements des objets. Elle inclut l’étude des collisions et des impacts, où la vitesse et la distance jouent un rôle crucial.





Erreur 3 : un mur fatidique
La véritable cause de la tragédie repose sur la présence d’un mur périphérique entourant l’aéroport. Ce mur, situé dans l’axe de la piste, a stoppé net la course de l’avion, qui glissait à grande vitesse sur le ventre. Ce choc frontal a provoqué un incendie instantané, tuant presque tous les passagers et membres de l’équipage.









La preuve ultime ci-dessous en vidéo.
Des solutions existe : la sécurisation des pistes
Cet événement met en lumière un problème global dans la conception des aéroports. Pour éviter de tels drames à l’avenir, les mesures suivantes devraient être adoptées :
- Pistes de graviers d’arrêt : Ces zones amortissent la vitesse des avions en cas d’urgence.
- Filets de tension : Placés en travers des pistes, ils peuvent stopper les avions en douceur.
- Suppression des obstacles : Les murs ou structures solides ne devraient jamais se trouver dans l’axe d’une piste.
- Conception des moteurs : Intégrer des protections supplémentaires pour minimiser les risques liés aux bird strikes, comme des grilles ou autres éléments de sécurité.





Conclusion : une cascade de responsabilités
L’accident du vol 7C2216 est le résultat d’une combinaison d’erreurs humaines, de défaillances techniques et de choix de conception :
- Boeing : Pour une conception hydraulique inadéquate.
- Les contrôleurs aériens : Pour un manque d’analyse du terrain et de prise de décision.
- L’exploitant et le constructeur de l’aéroport : Pour la présence d’un mur meurtrier.
Ce drame était évitable. Ce mur a directement causé la tragédie, et l’aéroport choisi n’était tout simplement pas adapté pour un atterrissage dans de telles conditions d’urgence, si cela avait été calculé. Les leçons tirées de cet accident doivent inspirer la mise en place de normes mondiales plus strictes pour prévenir la répétition d’une telle catastrophe. Nous adressons toutes nos condoléances aux familles endeuillées dans cette tragédie.
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