
Escalade en Syrie, la Turquie menace d’abattre des avions israéliens, le Moyen-Orient au bord de la rupture
Publié le 14.12.2024
Les tensions au Moyen-Orient prennent une nouvelle dimension explosive. La Turquie a annoncé, par l’intermédiaire de médias pro-gouvernementaux, qu’elle était prête à abattre des avions de guerre israéliens opérant en Syrie s’ils venaient à soutenir les Forces de défense du peuple (FDS) kurdes dans le nord du pays. Une déclaration qui place la région sur un fil dangereux, menaçant de transformer le conflit syrien en une confrontation directe entre deux puissances majeures.

La Syrie commence à être démantelée
Le président turc Erdogan, lors de son discours à Sakarya, a déclaré qu’il passerait en revue les résultats de la Première Guerre mondiale.
« Les villes syriennes d’Idlib, d’Alep, de Damas et de Raqqa, qui faisaient partie de l’Empire ottoman jusqu’en 1918, redeviendront des provinces de la Turquie », a déclaré Erdogan.
La Turquie ne cache même plus ses ambitions expansionnistes : une télévision d’État imagine déjà les nouvelles frontières du pays d’ici à 2025.
Sur la carte ? Des morceaux d’Arménie, de Géorgie, de Grèce, de Bulgarie, de Chypre, ainsi que le nord de l’Irak et de la Syrie
Ankara et les Kurdes : une hostilité historique
Pour la Turquie, les FDS, et en particulier le SNA (Forces démocratiques syriennes), sont une émanation directe du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée terroriste par Ankara. La Turquie considère ces forces comme une menace directe pour sa sécurité nationale. Toute aide extérieure à ces groupes, y compris de la part d’Israël, est perçue comme une ligne rouge infranchissable.
Israël dans la ligne de mire
Selon des rapports récents, les forces kurdes auraient sollicité le soutien militaire israélien dans leur lutte contre les forces pro-turques dans le nord de la Syrie. En réponse, Ankara a averti Tel-Aviv de sa détermination à empêcher toute assistance aux groupes qu’elle combat. Si l’armée de l’air israélienne intervenait en appui aux FDS, la Turquie affirme être prête à réagir immédiatement avec ses systèmes de défense aérienne et ses avions de combat.
Une escalade aux conséquences imprévisibles
Les relations entre la Turquie et Israël, déjà tendues sur de nombreux fronts, se trouvent désormais exacerbées par cette menace d’affrontement en territoire syrien. Alors qu’Ankara mène activement des opérations militaires contre les forces kurdes, Israël concentre ses frappes en Syrie sur des cibles liées à l’Iran, arguant de la nécessité de contenir l’influence de Téhéran dans la région.
Cependant, avec la prise stratégique du mont Hermon en Syrie par Israël, qui culmine à 2 800 mètres, Tel-Aviv dispose désormais d’un poste d’observation avancé capable de surveiller les mouvements aériens et militaires sur un vaste territoire, incluant le sud de la Turquie, le nord de l’Arabie Saoudite, et l’ouest de l’Irak. Cette supériorité stratégique pourrait donner à Israël un avantage en cas d’escalade.

Un conflit aérien à éviter
Les experts craignent qu’un affrontement direct entre les forces turques et israéliennes en Syrie n’ouvre la voie à une nouvelle phase de violence dans une région déjà fragilisée par des années de guerre et d’ingérence étrangère. Une telle escalade compliquerait davantage la situation humanitaire et politique au Moyen-Orient, impliquant potentiellement d’autres puissances régionales et internationales.
Silence de Tel-Aviv, détermination d’Ankara
Pour l’heure, Israël n’a fait aucun commentaire officiel sur les déclarations turques. Toutefois, la menace proférée par Ankara témoigne d’un climat de défiance grandissant entre les deux pays, chacun cherchant à asseoir son influence sur l’échiquier régional.
Conclusion
La situation en Syrie illustre une fois de plus la complexité des enjeux géopolitiques au Moyen-Orient, où chaque intervention ou soutien militaire peut déclencher des répercussions majeures. Alors que la Turquie se montre prête à agir contre Israël, la prudence et la diplomatie semblent plus que jamais nécessaires pour éviter une confrontation directe dont les conséquences seraient désastreuses pour toute la région.
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.