Q INFOS – Troyes : « J’ai vendu ma voiture et ma maison, mon restaurant c’est tout ce qu’il me reste » – un chef au bord du gouffre.


Troyes : « J’ai vendu ma voiture et ma maison, mon restaurant c’est tout ce qu’il me reste » – un chef au bord du gouffre

Publié le 12.5.2021 par NATHALIE DIEUL


Le restaurant gastronomique Le quai de Champagne est situé près du canal de Trévois, en face du théâtre de Champagne. (Capture d'écran/Google Maps)

Le restaurant gastronomique Le quai de Champagne est situé près du canal de Trévois, en face du théâtre de Champagne. (Capture d’écran/Google Maps)

C’était le grand projet de sa vie. Après avoir investi 1,7 millions d’euros et 2 ans dans les travaux, le chef Jean-Paul Braga a ouvert son restaurant gastronomique en plein milieu de la crise du Covid, en septembre 2020, à Troyes (Aube). Privé de subvention parce que son entreprise ne rentre pas dans les cases, la situation financière du restaurateur est catastrophique.

Jean-Paul Braga avait depuis longtemps « le projet de passer à la vitesse supérieure » après avoir « trouvé son identité culinaire », a-t-il confié à L’Est éclair. Toutefois, plutôt que de passer à une vitesse supérieure, l’activité du chef s’est plutôt retrouvée au ralenti : il a ouvert son restaurant une semaine avant le deuxième confinement.

« Financièrement, je ne vous cache pas que ça ne va pas très bien », explique le restaurateur à France 3« J’ai vendu ma maison, j’ai vendu ma voiture… mon restaurant c’est tout ce qu’il me reste. »

Jean-Paul Braga arrive à survivre en proposant des plats à emporter à sa clientèle puisqu’il n’a doit à aucune aide de l’État. Au mois de mars, il indiquait à l’antenne du Canal 32 que les banques ont accepté de reporter ses paiements.

L’entreprise du chef cuisinier, âgé de 52 ans, comme toutes celles créées pendant la crise, n’a droit à aucune subvention gouvernementale. « On n’entre pas dans les cases », déplore celui qui a 35 ans de métier. « Financièrement, il y a urgence », a-t-il ajouté.

La députée LR de l’Aube, Valérie Bazin-Malgras, alertée par la situation de l’entrepreneur ainsi que par d’autres malchanceux qui ont démarré leur projet « à la mauvaise date », a porté la question au sein de l’Assemblée nationale, ce qui lui a permis d’obtenir un entretien avec un représentant du ministère d’Alain Griset, le ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises.

« Le gouvernement avait tout simplement oublié ces entreprises créées pendant la crise du Covid-19 et privées du fonds de solidarité », remarque Valérie Bazin-Malgras.

À la suite de cet échange avec le représentant du ministre, la députée a obtenu la promesse d’un décret. Un nouveau fonds de solidarité devrait couvrir 90 % des frais fixes, avec une rétroactivité à partir de janvier 2021.

Même si cette annonce ainsi que la réouverture progressive prochaine apportent un certain réconfort, Jean-Paul Braga reste inquiet pour l’avenir de son restaurant, pourtant avantageusement situé dans un site d’exception sur le quai des Comtes-de-Champagne.

D’autres enjeux viennent compliquer la gestion d’un restaurant. « La crise nous a fait perdre beaucoup de personnes dans le métier. Il y a eu de nombreuses reconversions professionnelles. On ne trouve personne à recruter en salle », s’inquiète le chef du Quai de Champagne.


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